En bref : Le patient arrive parfois avec une sonde à demeure laissée après la chirurgie, ou fait une rétention après son retrait. Chaque jour de sonde augmente le risque d’infection et de délirium, et elle gêne la mobilisation. L’objectif : retirer la sonde dès que possible, dépister la rétention par échographie vésicale et préférer le cathétérisme intermittent à une nouvelle sonde à demeure.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Fièvre, frissons ou délirium chez un patient sondé : infection urinaire sur sonde.
- Sonde qui ne draine plus, douleur sus-pubienne : sonde bloquée.
- Hématurie avec caillots.
- Rétention avec déficit des membres inférieurs ou anesthésie en selle : atteinte médullaire ou de la queue de cheval.
- Créatinine qui monte : obstruction.
✅ À faire maintenant
- Revoir pourquoi la sonde a été posée et si l’indication tient toujours.
- Échographie vésicale après la miction ou si le patient n’a pas uriné ; agir selon le seuil du protocole de l’établissement.
- Chercher les causes réversibles : constipation, opioïdes, anticholinergiques, immobilité, douleur, hypertrophie de la prostate.
- Pas d’analyse ni de culture d’urine sans symptômes.
En soins post-aigus
- Retrait de la sonde : si aucune indication ne persiste, la retirer, puis suivre les mictions et le résidu par échographie vésicale selon le protocole.
- Rétention après le retrait : cathétérisme intermittent plutôt que sonde à demeure, si l’équipe peut l’assurer.
- Homme : un alphabloquant (tamsulosine 0,4 mg une fois par jour) avant un nouvel essai sans sonde augmente les chances de succès ; surveiller l’orthostatisme.
- Traiter la constipation, réduire les opioïdes et cesser les anticholinergiques si possible.
- Sonde longue durée nécessaire : documenter l’indication et la date de réévaluation ; système de drainage fermé, sac sous le niveau de la vessie.
Effet sur la réadaptation
- La sonde gêne la marche et les transferts : l’équipe planifie son retrait tôt dans le séjour.
- Soins infirmiers : horaire mictionnel, accès rapide à la toilette, surveillance du résidu.
- Ergothérapie : transferts à la toilette, chaise d’aisance, vêtements faciles à retirer.
- Physiothérapie : marche vers la toilette comme objectif fonctionnel ; rééducation périnéale si incontinence.
- L’incontinence après le retrait n’est pas une raison de remettre une sonde.
Retour au centre hospitalier ou consultation
- Avis en urologie si l’essai sans sonde échoue malgré la correction des causes, hématurie importante, sonde impossible à poser ou chirurgie urologique récente.
- Transfert si sepsis urinaire, rétention avec signes neurologiques ou insuffisance rénale aiguë importante, selon le niveau de soins.
Préparer le congé
- Si le patient part avec une sonde : plan écrit (date de changement ou d’essai sans sonde, suivi en urologie), enseignement et soins à domicile organisés.
- Si cathétérisme intermittent : enseignement au patient ou au proche avant le congé.
Pièges et perles
- Une sonde « posée pour l’incontinence » n’a pas d’indication valable.
- Le délirium peut être le seul signe d’un globe vésical.
- Une bactériurie chez le patient sondé est attendue : on ne la traite pas sans symptômes.
Références
- Gould CV, et al. Guideline for prevention of catheter-associated urinary tract infections 2009 (CDC/HICPAC). Infect Control Hosp Epidemiol 2010;31(4):319-26.
- Hooton TM, et al. Diagnosis, prevention, and treatment of catheter-associated urinary tract infection in adults (IDSA, 2009). Clin Infect Dis 2010;50(5):625-63.
- Fisher E, et al. The role of alpha blockers prior to removal of urethral catheter for acute urinary retention in men. Cochrane Database Syst Rev 2014;(6):CD006744.