En bref : En soins post-aigus, la plaie orthopĂ©dique est surtout surveillĂ©e : pansement selon la consigne du chirurgien, retrait des agrafes Ă la date prĂ©vue et reconnaissance prĂ©coce des complications. Un peu de rougeur au pourtour des agrafes et une ecchymose sont habituels. Un Ă©coulement qui persiste, une rougeur qui sâĂ©tend ou une plaie qui sâouvre ne le sont pas. PrĂšs dâune prothĂšse ou dâun matĂ©riel dâostĂ©osynthĂšse, on avise lâorthopĂ©diste avant de donner un antibiotique.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Ăcoulement qui persiste ou qui augmente, surtout sâil devient trouble ou purulent.
- Rougeur, chaleur et induration qui sâĂ©tendent ; douleur qui augmente au lieu de diminuer.
- Plaie qui sâouvre (dĂ©hiscence), matĂ©riel ou os visible.
- FiÚvre (> 37,9 °C ou hausse ℠1,5 °C), frissons, délirium nouveau.
- Hématome qui grossit ou qui tend la peau, surtout sous anticoagulant.
- Nécrose des bords ou phlyctÚnes (cloches) autour de la plaie.
â Ă faire maintenant
- Lire la consigne du chirurgien : type de pansement, fréquence, date de retrait des agrafes ou des points, douche permise.
- Examiner la plaie avec lâinfirmiĂšre ; mesurer et dĂ©crire (rougeur, Ă©coulement, odeur, bords) pour suivre lâĂ©volution.
- Signes vitaux et recherche dâautres sources si fiĂšvre.
- Photographier la plaie selon la politique de lâĂ©tablissement, pour comparer.
En soins post-aigus
- Pansement : technique aseptique sans contact pour le changer ou le retirer. Ne pas le changer plus souvent que nécessaire.
- Nettoyage : NICE recommande le sérum physiologique stérile pendant les 48 premiÚres heures ; la douche est permise aprÚs 48 h, sauf consigne contraire du chirurgien.
- Antimicrobiens locaux : à éviter sur une plaie fermée qui guérit normalement.
- Agrafes : retrait Ă la date prescrite par le chirurgien ; si la plaie ne paraĂźt pas bien fermĂ©e, ne pas tout retirer et demander la conduite Ă lâorthopĂ©die.
- Cellulite superficielle loin du matériel : peut se traiter sur place par antibiotique PO (voir Infections de la peau et cellulite).
- Facteurs de mauvaise guĂ©rison : dĂ©nutrition, diabĂšte mal contrĂŽlĂ©, ĆdĂšme, tabagisme, corticostĂ©roĂŻdes. Les corriger quand câest possible.
Effet sur la réadaptation
- Une plaie qui coule nâempĂȘche pas toujours la mobilisation ; vĂ©rifier avec lâorthopĂ©diste si les amplitudes doivent ĂȘtre limitĂ©es (p. ex. flexion du genou).
- Le physiothĂ©rapeute et lâergothĂ©rapeute signalent toute nouvelle rougeur ou tout Ă©coulement vu en thĂ©rapie.
- Nutrition : apport suffisant en protéines et en énergie pour la cicatrisation ; avis de la nutritionniste au besoin.
- Protéger la plaie lors de la douche et des transferts selon la consigne.
Retour au centre hospitalier ou consultation
- Ăcoulement persistant, dĂ©hiscence ou infection soupçonnĂ©e prĂšs dâune prothĂšse ou dâun matĂ©riel : avis orthopĂ©dique le jour mĂȘme ; Ă©viter lâantibiotique empirique avant ce contact si le patient est stable.
- Sepsis : traitement et transfert selon le niveau de soins.
- HĂ©matome qui grossit ou saignement : revoir lâanticoagulant et aviser lâorthopĂ©die.
- Plaie qui ne guérit pas : consultation en soins de plaies selon les ressources.
Patient et proches
- Expliquer les signes normaux (ecchymose, lĂ©gĂšre rougeur des agrafes) et ceux qui doivent ĂȘtre signalĂ©s.
- Avant le congé, enseigner les soins de la plaie et la date de retrait des agrafes si elle est aprÚs le départ.
PiĂšges et perles
- Un antibiotique oral donné « pour voir » sur une plaie de prothÚse peut masquer une infection profonde et fausser les cultures.
- Un Ă©coulement sĂ©reux attribuĂ© à « lâĆdĂšme » peut cacher une infection profonde : en parler Ă lâorthopĂ©diste sâil persiste.
- Oublier la date de retrait des agrafes est frĂ©quent : lâinscrire au plan de soins dĂšs lâadmission.
Références
- NICE NG125. Surgical site infections: prevention and treatment (2019, mise à jour 2020), section 1.4 (phase postopératoire).
- Osmon DR, et al. Diagnosis and management of prosthetic joint infection: clinical practice guidelines by the IDSA. Clin Infect Dis 2013;56(1):e1-e25.
- Loeb M, et al. Development of minimum criteria for the initiation of antibiotics in residents of long-term-care facilities: results of a consensus conference. Infect Control Hosp Epidemiol 2001;22(2):120-124.