Dr .omni

Soins post-aigus â€ș AprĂšs une fracture ou une chirurgie orthopĂ©dique

Arthroplastie de la hanche ou du genou

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En bref : AprÚs une prothÚse totale de hanche (PTH) ou de genou (PTG) élective, la plupart des patients rentrent directement chez eux. Ceux qui arrivent en soins post-aigus sont souvent plus ùgés, plus fragiles ou ont eu une complication. Les priorités : analgésie qui permet les exercices, amplitude du genou ou précautions de la hanche selon le chirurgien, prévention de la TEV et surveillance de la plaie, car une infection de prothÚse précoce se traite mieux si elle est vue tÎt.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Plaie qui coule de façon persistante, rougeur qui s’étend, douleur qui augmente au lieu de diminuer, fiĂšvre : infection de prothĂšse possible.
  • Hanche : douleur soudaine, membre raccourci en rotation, incapacitĂ© de bouger : luxation.
  • Mollet enflĂ©, dyspnĂ©e, douleur thoracique : TEV.
  • Pied froid, pĂąle, engourdi, faiblesse nouvelle (pied tombant) : atteinte vasculaire ou nerveuse.
  • Grosse ecchymose qui s’étend, hĂ©moglobine qui baisse : hĂ©matome, surtout sous anticoagulant.

✅ À faire maintenant

  • Lire les consignes du chirurgien : mise en charge, prĂ©cautions, amplitudes, orthĂšse, date de retrait des agrafes, durĂ©e de la prophylaxie de la TEV, rendez-vous.
  • AnalgĂ©sie rĂ©guliĂšre, avec une dose avant les thĂ©rapies au besoin.
  • Examiner la plaie, le mollet, la circulation et la sensibilitĂ© du membre.
  • VĂ©rifier la crĂ©atinine si le patient reçoit un anticoagulant Ă©liminĂ© par le rein.

En soins post-aigus

  • Douleur : analgĂ©sie multimodale (acĂ©taminophĂšne rĂ©gulier, opioĂŻde Ă  faible dose au besoin, glace). Voir AnalgĂ©sie et douleur aiguĂ« Ă  l’hĂŽpital. Une douleur qui augmente aprĂšs une pĂ©riode de mieux doit ĂȘtre expliquĂ©e.
  • TEV : la durĂ©e dĂ©pend de l’articulation et du protocole du chirurgien (souvent plus longue pour la hanche que pour le genou). Voir PrĂ©vention de la TEV aprĂšs chirurgie orthopĂ©dique.
  • Plaie : pansement selon la consigne ; ne pas appliquer d’antimicrobien local sur une plaie fermĂ©e qui guĂ©rit bien.
  • Ne pas donner d’antibiotique « Ă  l’aveugle » pour une plaie de prothĂšse qui coule : il peut fausser les cultures. Aviser l’orthopĂ©diste d’abord.
  • Autres : rĂ©tention urinaire, constipation sous opioĂŻdes, hypotension orthostatique, dĂ©lirium.

Effet sur la réadaptation

  • Genou : la physiothĂ©rapie vise l’extension complĂšte et la flexion progressive ; la raideur prĂ©coce se corrige mieux tĂŽt. La douleur est le principal frein : ajuster l’horaire des analgĂ©siques.
  • Hanche : les prĂ©cautions (flexion, rotation, adduction) dĂ©pendent de la voie d’abord et du chirurgien ; l’ergothĂ©rapeute enseigne les gestes et fournit les aides techniques.
  • Mise en charge : souvent selon la tolĂ©rance ; une restriction peut ĂȘtre prescrite aprĂšs une fracture peropĂ©ratoire ou une reprise.
  • ƒdĂšme : Ă©lĂ©vation, glace et mobilisation ; un ƓdĂšme asymĂ©trique qui augmente fait chercher une TVP.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Infection de prothĂšse soupçonnĂ©e (Ă©coulement persistant, plaie qui s’ouvre, fiĂšvre) : avis orthopĂ©dique le jour mĂȘme.
  • Luxation de hanche : transfert pour rĂ©duction.
  • Atteinte vasculaire ou neurologique nouvelle : urgence.
  • Flexion du genou qui stagne malgrĂ© la thĂ©rapie : en parler Ă  l’orthopĂ©diste avant le rendez-vous prĂ©vu.
  • Le niveau de soins guide la dĂ©cision, mais une luxation ou une infection de prothĂšse demande presque toujours l’orthopĂ©die.

Préparer le congé

  • Programme d’exercices Ă©crit Ă  poursuivre Ă  domicile ou en externe.
  • Ordonnance avec la durĂ©e restante de la prophylaxie de la TEV.
  • Consignes sur les signes d’infection et sur qui appeler.
  • Rendez-vous de suivi en orthopĂ©die et date de retrait des agrafes confirmĂ©s.

PiĂšges et perles

  • Attribuer Ă  « la prothĂšse qui guĂ©rit » une douleur qui augmente : penser infection, luxation, fracture pĂ©riprothĂ©tique, TVP.
  • Un antibiotique oral donnĂ© pour un Ă©coulement retarde le diagnostic d’une infection de prothĂšse.
  • AprĂšs une PTG, un patient trop sĂ©datĂ© ne fait pas ses exercices ; un patient mal soulagĂ© non plus.

Références

  • NICE NG157. Joint replacement (primary): hip, knee and shoulder (2020).
  • Osmon DR, et al. Diagnosis and management of prosthetic joint infection: clinical practice guidelines by the IDSA. Clin Infect Dis 2013;56(1):e1-e25.
  • NICE NG89. Venous thromboembolism in over 16s: reducing the risk of hospital-acquired deep vein thrombosis or pulmonary embolism (2018, mise Ă  jour 2019).
  • NICE NG125. Surgical site infections: prevention and treatment (2019, mise Ă  jour 2020).

Pour aller plus loin