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Magnésium

Magnésium : hypomagnésémie et hypermagnésémie

Néphrologie et électrolytesFiche révisée · 18 oct. 2026

Néphrologie et électrolytesNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Potassium · Calcium · IPP et anti-H2 · Alcool et sevrage · Médicaments prolongeant le QT · Insuffisance rénale chronique

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : Valeurs usuelles : environ 0,70 à 1,00 mmol/L. L’hypomagnésémie est légère entre 0,50 et 0,70 et grave sous 0,50 mmol/L. En clinique, les causes habituelles sont les IPP au long cours, les diurétiques, l’alcool, la diarrhée et le diabète mal contrôlé. Elle rend l’hypokaliémie et l’hypocalcémie réfractaires : on corrige le Mg en même temps. La forme légère et asymptomatique se traite par voie orale ; un Mg < 0,50 mmol/L, des symptômes neuromusculaires ou une arythmie vont à l’urgence. L’hypermagnésémie est presque toujours une insuffisance rénale avec un apport (laxatifs ou antiacides magnésiens).

En bref : L’hypomagnésémie est fréquente à l’hôpital (diurétiques, IPP, alcool, diarrhée, réalimentation). Elle rend l'hypokaliémie et l’hypocalcémie réfractaires : on corrige le Mg d’abord ou en même temps. Le sulfate de magnésium IV se donne lentement (habituellement 1–2 g/h) sauf urgence (torsades, convulsions). Toujours vérifier la créatinine : on réduit la dose en insuffisance rénale et on demande un avis si le DFGe est < 30.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypomagnésémie : torsades de pointes, arythmies ventriculaires, QT long, convulsions, tétanie.
  • Hypokaliémie ou hypocalcémie réfractaires : penser Mg.
  • Hypermagnésémie : ROT diminués (> 2 mmol/L), abolis (≈ 5 mmol/L), paralysie respiratoire (6–7,5), arrêt cardiaque (> 7,5) ; BAV complet possible bien avant.

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypomagnésémie < 0,50 mmol/L : urgence (correction en milieu hospitalier), surtout si symptômes ou anomalie à l’ECG.
  • À n’importe quel taux bas : tétanie, convulsion, nystagmus, tremblements marqués, palpitations ou syncope.
  • ECG : QT long, arythmie ventriculaire, torsades de pointes ; patient sous digoxine ou sous médicaments qui allongent le QT.
  • Hypokaliémie < 3,0 ou hypocalcémie symptomatique associées.
  • Hypermagnésémie > 2,0 mmol/L, ou toute hypermagnésémie avec réflexes diminués, somnolence, hypotension, bradycardie ou bloc.
  • Enfant : urgence ou pédiatrie.

✅ À faire maintenant

  • Mg, K, Ca, PO₄, créatinine ; ECG (QT).
  • Chercher la cause : diurétiques, IPP, alcool, diarrhée, réalimentation, ACD.
  • FE Mg si cause incertaine (> 4 % : perte rénale ; < 2 % : perte digestive).
  • Mg de contrôle après chaque dose IV.
  • Sous MgSO₄ (prééclampsie) ou en IR : surveiller les ROT.
  • Torsades ou convulsions : code, aviser le patron.
  • Confirmer sur un prélèvement non hémolysé ; doser en même temps K, Ca corrigé, PO4, créatinine (DFGe), glycémie.
  • ECG si Mg < 0,60, symptômes, hypokaliémie ou médicaments qui allongent le QT.
  • Revoir les médicaments : IPP, diurétiques de l’anse et thiazides, chimiothérapie (cisplatine), inhibiteurs de la calcineurine, aminosides ; laxatifs, antiacides et suppléments de Mg.
  • Questionner : alcool, diarrhée chronique, stomie, malabsorption (maladie cœliaque, chirurgie bariatrique), diabète, perte de poids.
  • Si la cause n’est pas claire : Mg et créatinine urinaires pour la fraction excrétée (FE Mg > 4 % : perte rénale ; < 2 % : perte digestive ou apport faible).

💊 Premières ordonnances

  • Torsades avec pouls : MgSO₄ 2 g IV dans 100 mL NaCl 0,9 % en 5 min ; sans pouls : 2 g IV direct.
  • Non urgent, Mg 0,5–0,7 mmol/L (PO impossible) : 1–5 g IV selon le taux ; Mg < 0,5 ou symptomatique : 4–6 g (16–24 mmol) IV (2 g en 1 h, × 2–3), à répéter selon le Mg.
  • Débit habituel 1–2 g/h ; p. ex. 2 g/100 mL NaCl 0,9 % en 2 h.
  • IRC stades 1–3 : réduire la dose initiale de 25–50 % ; DFGe < 30, IRA ou dialyse : avis néphrologie ou pharmacie.
  • PO : 10–24 mmol/j de Mg élémentaire fractionné (p. ex. oxyde de Mg 400–800 mg/j ≈ 10–20 mmol).
  • Hypermagnésémie symptomatique : gluconate de calcium 10 % 10 mL (1 g) IV lent, cesser toute source de Mg.

📞 Appeler ou orienter si

  • Néphrologie : Hypermagnésémie grave ou symptomatique
  • Soins intensifs : Torsades, convulsions ou arythmie ventriculaire

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • Hypomagnésémie légère (0,50 à 0,70), asymptomatique : Mg élémentaire 10 à 24 mmol/j PO en doses fractionnées, aux repas ; commencer bas (p. ex. 10 mmol/j) et augmenter selon la tolérance digestive.
  • Exemples : oxyde de magnésium 400 mg PO die à bid (environ 10 à 20 mmol/j de Mg élémentaire) ; citrate ou glucoheptonate de Mg : vérifier la teneur en Mg élémentaire avec le pharmacien (1 mmol = 24 mg de Mg élémentaire).
  • IRC stades 1 à 3 : pas d’ajustement de la dose orale. DFGe < 30 ou dialyse : pas de supplément sans avis spécialisé.
  • Cesser l’IPP s’il n’est pas indiqué, ou passer à un anti-H2 ; réduire le diurétique si possible (un diurétique épargneur de K comme l’amiloride réduit la perte de Mg, avis au besoin).
  • Corriger aussi la kaliémie (voir Potassium) ; thiamine 100 mg PO die si consommation d’alcool à risque.
  • Hypermagnésémie légère : cesser tout laxatif, antiacide ou supplément contenant du Mg ; choisir un laxatif sans Mg (PEG 3350).

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Mg < 0,50 mmol/L ; mg bas avec symptômes neuromusculaires ; hypokaliémie < 3,0 mmol/L ou hypocalcémie symptomatique ; mg > 2,0 mmol/L

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en néphrologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

🧭 Raisonnement clinique Hypokaliémie

Repères et évaluation

  • Valeurs usuelles : environ 0,70 à 1,00 mmol/L (vérifier les valeurs du laboratoire). Conversion : 1 mmol/L = 2 mEq/L = 2,43 mg/dL.
  • Le Mg sérique reflète mal les réserves (surtout intracellulaires et osseuses) : un Mg normal-bas n’exclut pas un déficit chez un patient à risque.
  • Symptômes de l’hypomagnésémie : souvent absents ou vagues (fatigue, crampes, faiblesse) ; plus grave : tremblements, Chvostek et Trousseau, tétanie, convulsions, QT long, arythmies.
  • Hypermagnésémie selon le taux : > 2 mmol/L, réflexes diminués, rougeur, hypotension, somnolence ; vers 5 mmol/L, réflexes abolis ; plus haut, paralysie respiratoire et arrêt cardiaque. Un bloc peut survenir plus bas.
  • Un Mg faussement élevé est possible si le prélèvement est hémolysé.

Causes

  • Pertes digestives : diarrhée chronique, stomie à haut débit, malabsorption, IPP au long cours (effet de classe ; risque accru avec les diurétiques).
  • Pertes rénales : diurétiques de l’anse et thiazides, alcool, diabète mal contrôlé (glycosurie), cisplatine, inhibiteurs de la calcineurine, aminosides, amphotéricine B, causes génétiques (Gitelman).
  • Apport insuffisant ou redistribution : alcoolisme, malnutrition, réalimentation après un jeûne, « os affamés » après une parathyroïdectomie.
  • Hypermagnésémie : insuffisance rénale + apport (lait de magnésie, citrate de Mg, antiacides, lavements, suppléments), surtout chez la personne âgée constipée ; rarement lithium, hypothyroïdie, insuffisance surrénalienne.

Prise en charge en clinique

  • Mg 0,50 à 0,70 mmol/L sans symptôme ni anomalie à l’ECG : traitement oral et retrait des causes, en externe.
  • Mg < 0,50 mmol/L : la voie orale ne suffit pas à corriger rapidement ; urgence (correction en milieu hospitalier) même si le patient se sent bien.
  • Diarrhée sous supplément : fractionner les doses, réduire, changer de sel (le glucoheptonate ou le glycérophosphate sont souvent mieux tolérés que l’oxyde).
  • Hypokaliémie réfractaire : vérifier et corriger le Mg avant d’augmenter le K.
  • Hypermagnésémie 1,05 à 2,0 mmol/L asymptomatique, DFGe ≥ 30 : cesser les sources de Mg, bonne hydratation orale, contrôle en 1 semaine.
  • Avant de prescrire un IPP au long cours, surtout avec un diurétique : envisager un Mg de base, puis périodiquement.

🔗 Ressources et raisonnement

Repères

  • Valeur normale : environ 0,70–1,00 mmol/L (vérifier les valeurs du laboratoire local) ; hypomagnésémie < 0,70, sévère < 0,50 mmol/L.
  • Conversions : 1 mmol/L = 2 mEq/L = 2,43 mg/dL. Les tableaux américains (mg/dL) et les monographies (mEq/L) doivent être convertis.
  • 1 g de MgSO₄ (heptahydraté) = environ 4 mmol (8 mEq) de Mg élémentaire.
  • Le Mg sérique reflète mal les réserves (Mg surtout intracellulaire et osseux) : un Mg « normal-bas » n’exclut pas un déficit.

Hypomagnésémie

Causes

Mécanisme Exemples
Pertes digestives Diarrhée, stomie à haut débit, malabsorption, IPP au long cours, pancréatite
Pertes rénales Diurétiques (anse, thiazides), alcool, aminosides, amphotéricine B, cisplatine, inhibiteurs de la calcineurine, cétuximab, diurèse post-obstructive, ACD
Redistribution Syndrome de réalimentation, insuline, « hungry bone » post-parathyroïdectomie
Apport insuffisant Alcoolisme, malnutrition, NPO prolongé
  • FE Mg = (Mg urinaire × créat sérique) / (0,7 × Mg sérique × créat urinaire) × 100. > 4 % chez un patient hypomagnésémique : perte rénale ; < 2 % : perte digestive ou apport insuffisant. Une FE < 4 % n’exclut pas une perte rénale si le DFG est bas ou l’hypomagnésémie sévère.

Manifestations

  • Neuromusculaires : tremblements, fasciculations, Chvostek et Trousseau, tétanie, convulsions.
  • Cardiaques : QT long, arythmies ventriculaires, torsades de pointes, toxicité de la digoxine accrue.
  • Métaboliques : hypokaliémie réfractaire (fuite rénale de K), hypocalcémie (résistance et baisse de sécrétion de PTH).

Traitement

Urgence (torsades, convulsions, arythmie)

  • Torsades de pointes avec pouls : MgSO₄ 2 g IV dans 100 mL de NaCl 0,9 % en 5 min ; sans pouls : 2 g IV/IO direct (protocole SMU de la Nouvelle-Écosse, 2022).
  • Hypomagnésémie sévère ou symptomatique : 4–6 g (16–24 mmol) IV (2 g en 1 h, × 2–3), à répéter selon le Mg sérique ; jusqu’à 40 g (160 mmol) sur 5 jours peuvent être nécessaires. Monitorage ECG si tétanie, convulsions ou arythmie.

Non urgent : réplétion IV selon le Mg sérique

Mg sérique (mmol/L) MgSO₄ IV (fonction rénale normale)
0,50–0,70 (léger), si la voie orale est impossible 1–5 g (4–20 mmol) selon le taux
< 0,50 (sévère) ou symptomatique 4–6 g (16–24 mmol) (2 g en 1 h, × 2–3), à répéter selon le Mg
  • Débit habituel : 1–2 g/h (4–8 mmol/h) à l’étage. Diluer : ≤ 20 % par voie centrale, ≤ 5–10 % en périphérie. Exemples : 2 g dans 100 mL NaCl 0,9 % en 2 h ; 4 g dans 250 mL en 4 h (selon le protocole local).
  • La voie orale est la 1re intention si le déficit est léger et asymptomatique.
  • Poursuivre la réplétion 1 à 2 jours après la normalisation (les réserves se reconstituent lentement).
  • Insuffisance rénale :
    • IRC stades 1–3 : IV avec prudence, réduire la dose initiale de 25–50 % ; pas d’ajustement de la dose orale.
    • IRC stades 4–5, IRA, dialyse ou greffe : avis spécialisé (aucune donnée publiée pour guider la dose). Monographie : ne pas dépasser 20 g sur 48 h en insuffisance rénale sévère.
  • Mg de contrôle après chaque dose IV, avec K, Ca et créatinine.

⚠️ Recommandation actuelle (NHS SPS, 2024 ; monographie canadienne du MgSO₄, 2022) : la règle « réduire de 50 % si DFGe < 30 » est remplacée par une réduction de 25–50 % en IRC 1–3 et un avis spécialisé en IRC 4–5, IRA ou dialyse. Le tableau de doses par palier (0,60–0,70 / 0,40–0,59 / < 0,40) est remplacé par les paliers léger (0,5–0,7) et sévère (< 0,5).

💡 « HypoK = HypoMg » (Corey Slovis). Devant une hypokaliémie qui résiste, on donne du Mg avant de rajouter du K. Même logique pour l’hypocalcémie.

Voie orale (déficit léger, chronique ou entretien)

  • 10 à 24 mmol/j de Mg élémentaire en doses fractionnées, aux repas ; commencer bas et augmenter selon la tolérance. Exemple : oxyde de magnésium 400–800 mg/j (≈ 10–20 mmol), ou citrate, chlorure ou glucoheptonate de Mg selon le produit disponible (vérifier la teneur en Mg élémentaire).
  • Effet limitant : diarrhée (fractionner les doses).
  • Contrôler le Mg environ 7 jours après le début, puis selon la cause.
  • Chercher et corriger la cause : cesser l’IPP non indiqué, réduire le diurétique de l’anse si possible.
  • Prudence avec les suppléments ambulatoires en insuffisance rénale.

Hypermagnésémie

  • Presque toujours insuffisance rénale + apport (laxatifs ou antiacides magnésiens, lavements, sulfate de Mg en prééclampsie).
Mg sérique (mmol/L) Manifestations (monographie du MgSO₄)
> 2 Diminution des réflexes ostéotendineux ; rougeur, hypotension, somnolence
≈ 5 Abolition des réflexes ostéotendineux
6–7,5 Paralysie respiratoire
> 7,5 Arrêt cardiaque (en diastole)
  • Un BAV complet peut survenir à des taux bien inférieurs à 5 mmol/L.
  • Traitement :
    • Cesser toute source de Mg ; maintenir une bonne diurèse.
    • Symptomatique ou Mg > 4 mmol/L : gluconate de calcium 10 %, 10 mL (1 g) IV lent (antagoniste temporaire) ; Mg de contrôle après 4 h, répéter le calcium au besoin.
    • Hémodialyse si le Mg ne baisse pas suffisamment, insuffisance rénale sévère ou toxicité grave.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceMg < 0,50 mmol/L — urgence (correction en milieu hospitalier), même sans symptômes
  • UrgenceMg bas avec symptômes neuromusculaires (tétanie, convulsion, nystagmus) ou arythmie, QT long, torsades
  • UrgenceHypokaliémie < 3,0 mmol/L ou hypocalcémie symptomatique associées
  • UrgenceMg > 2,0 mmol/L, ou hypermagnésémie avec réflexes diminués, somnolence, hypotension, bradycardie ou bloc

Consulter en néphrologie si :

  • UrgentHypermagnésémie grave ou symptomatique (ROT abolis, BAV ; IR sévère : hémodialyse) — garde, même jour.
  • ÉlectifHypomagnésémie persistante confirmée à 2 reprises en 10 jours (après investigation et traitement) — ≤ 3 mois.

À préparer : Mg, K, Ca, PO₄ et créatinine (courbe), ECG (QT), doses de Mg reçues, cause présumée (diurétiques, IPP, alcool), FE Mg.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentTorsades, convulsions ou arythmie ventriculaire — immédiatement.

Consulter le pharmacien si :

  • Semi-urgentDosage du MgSO₄ en insuffisance rénale ou dialyse (DFGe < 30, IRA, dialyse ; ou avis néphrologie) — pendant le séjour, avant la dose.

Malabsorption soupçonnée (diarrhée chronique, maladie cœliaque, chirurgie bariatrique) : gastroentérologie plutôt que néphrologie. Patient sous chimiothérapie ou immunosuppresseur : équipe traitante.

  • RapideHypermagnésémie de 1,05 à 2,0 mmol/L avec DFGe < 30 ou dialyse — appel le jour même, consultation rapide
  • ÉlectifHypomagnésémie persistante confirmée à 2 reprises malgré le traitement oral et le retrait des causes (perte rénale soupçonnée, FE Mg > 4 %) — priorité D (≤ 3 mois)

À préparer : Mg, K, Ca corrigé, PO4 et créatinine (courbe), DFGe ; ECG (QT) ; Mg et créatinine urinaires (FE Mg) ; doses et produits de Mg reçus ; médicaments (IPP, diurétiques, laxatifs ou antiacides magnésiens, chimiothérapie, inhibiteurs de la calcineurine) ; alcool, diarrhée, diabète.

Suivi

  • Hypomagnésémie traitée par voie orale : Mg, K, Ca et créatinine 7 jours après le début, puis 1 à 3 mois selon la cause.
  • Poursuivre 1 à 2 jours après la normalisation si la cause est corrigée ; poursuivre en entretien si la cause persiste (IPP requis, diurétique, diarrhée chronique).
  • Cible : Mg ≥ 0,70 mmol/L et K normal. Si le Mg dépasse 1,00 mmol/L sous supplément : réduire ou arrêter.
  • Après l’arrêt d’un IPP : Mg de contrôle en 2 à 4 semaines ; la normalisation survient habituellement en quelques semaines.
  • Suivi annuel du Mg chez les patients sous IPP et diurétique au long cours ou avec un antécédent d’hypomagnésémie.
  • Hypermagnésémie légère : Mg et créatinine en 1 semaine après l’arrêt des sources ; si DFGe < 30, noter au dossier « éviter les produits magnésiens ».

Pièges et perles

  • Les réflexes ostéotendineux sont le meilleur moniteur clinique chez la patiente sous MgSO₄ (prééclampsie).
  • Les patients alcooliques, en réalimentation ou en ACD ont souvent un triple déficit K, Mg, PO₄ : les vérifier ensemble.
  • L’hypomagnésémie induite par les IPP est un effet de classe.
  • Le Mg sérique peut être faussement élevé en cas d’hémolyse du prélèvement.
  • Hypokaliémie ou hypocalcémie qui ne se corrigent pas : penser au Mg.
  • Alcool, réalimentation, diarrhée : triple déficit K, Mg et PO4 fréquent ; les doser ensemble.
  • L’hypomagnésémie due aux IPP touche toute la classe : passer à un autre IPP ne règle rien ; un anti-H2 n’en cause pas.
  • Le lait de magnésie chez la personne âgée en IRC est une cause classique d’hypermagnésémie grave : préférer le PEG 3350.
  • L’oxyde de magnésium est mal absorbé et laxatif ; vérifier la dose en Mg élémentaire, pas en sel.

Références

🔗 Voir aussi