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CHSLD et soins palliatifs › Nutrition, digestif et élimination

Sonde urinaire à demeure

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En bref : La sonde à demeure doit avoir une indication écrite et être retirée dès qu’elle n’est plus nécessaire. Elle cause des infections, des traumatismes, de l’inconfort et du délirium. Les résidents sondés ont presque tous une bactériurie : on ne la traite pas sans symptômes. À la garde, les appels fréquents sont la sonde bloquée, la sonde arrachée et l’hématurie.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Absence de débit, douleur sus-pubienne, globe : sonde bloquée (irriguer ou changer).
  • Fièvre, frissons, délirium nouveau ou douleur costovertébrale : infection urinaire sur sonde possible (critères de Loeb avec sonde).
  • Hématurie importante avec caillots ou rétention ; saignement sous anticoagulant.
  • Sonde arrachée avec ballonnet gonflé : traumatisme urétral, ne pas forcer une nouvelle pose.

✅ À faire maintenant

  • Vérifier le système : sac sous le niveau de la vessie, tubulure non coudée, sac non plein.
  • Échographie vésicale si le débit est nul.
  • Infection soupçonnée : changer la sonde si elle est en place depuis plus de 2 semaines et prélever la culture par la nouvelle sonde, avant l’antibiotique.
  • Revoir l’indication : la sonde est-elle encore nécessaire ?

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si la sonde ne peut être reposée (sténose, fausse route), si l’hématurie avec caillots ne se règle pas ou si un sepsis exige un traitement parentéral.
CChangement de sonde, irrigation et antibiotique sur place selon le guide local ; transfert si la vessie ne peut être drainée sur place.
DLa sonde peut être une mesure de confort (fin de vie, plaie sacrée, mobilisation douloureuse). Pas de culture ni d’antibiotique sans symptôme gênant.

Indications et gestion

  • Indications acceptées : rétention ou obstruction non corrigeable autrement, plaie sacrée ou périnéale qui ne guérit pas à cause de l’incontinence, confort en fin de vie, mesure précise de la diurèse quand elle change la conduite.
  • Pas une indication : incontinence, commodité pour le personnel, prévention des chutes la nuit.
  • Retrait : essai de retrait dès que l’indication disparaît, avec surveillance du résidu ; cathétérisme intermittent ou condom urinaire comme options.
  • Changement : selon le protocole de l’établissement et le type de sonde ; pas de changement systématique à date fixe si la sonde fonctionne, sauf consigne locale.
  • Prévention : système fermé, hygiène du méat à l’eau et au savon, pas d’antibiotique ni d’irrigation préventifs.
  • Pose difficile, hématurie : voir la garde Sonde urinaire.

Pièges et perles

  • Urine trouble ou malodorante dans le sac : pas une infection.
  • Une culture prélevée dans le sac ou par une vieille sonde reflète le biofilm, pas l’infection.
  • Une sonde sans indication écrite tend à rester en place indéfiniment : la remettre en question à chaque visite.
  • Sonde qui se bloque souvent : penser aux cristaux, à la constipation et à l’hydratation.

Références

  • Gould CV, et al. Guideline for prevention of catheter-associated urinary tract infections (HICPAC/CDC, 2009, mise à jour 2019).
  • Hooton TM, et al. Diagnosis, prevention, and treatment of catheter-associated urinary tract infection in adults (IDSA). Clin Infect Dis 2010;50(5):625-63.
  • Nicolle LE, et al. Asymptomatic bacteriuria: 2019 update by the IDSA. Clin Infect Dis 2019;68(10):e83-e110.
  • Loeb M, et al. Minimum criteria for the initiation of antibiotics in residents of long-term-care facilities. Infect Control Hosp Epidemiol 2001;22(2):120-4.

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