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Soins post-aigus › Cognition, humeur et motivation

Trouble neurocognitif et potentiel de réadaptation

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En bref : Un trouble neurocognitif n’exclut pas la réadaptation. Après une fracture de la hanche, par exemple, les personnes atteintes d’un trouble neurocognitif léger à modéré peuvent récupérer de la fonction, avec des objectifs et des méthodes adaptés. La première question est souvent : s’agit-il d’un délirium superposé, qui peut se résoudre ? L’équipe fixe ensuite des objectifs réalistes et concrets, avec les proches, en tenant compte du milieu de vie visé.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Changement aigu ou fluctuant de l’attention ou de la vigilance : délirium (dépister avec la CAM ou le 4AT).
  • Déclin cognitif rapide sur quelques jours ou semaines, céphalée, chute récente : hématome sous-dural ou autre cause aiguë.
  • Comportement qui met le patient ou d’autres en danger (fugue, agressivité).
  • Refus de manger ou de boire, perte de poids rapide.

✅ À faire maintenant

  • Obtenir l’état cognitif et fonctionnel d’avant l’hospitalisation auprès des proches et du dossier.
  • Dépister et traiter un délirium avant de conclure sur le potentiel de réadaptation.
  • Revoir les médicaments à effet anticholinergique ou sédatif.
  • Vérifier lunettes, appareils auditifs, prothèses dentaires.
  • Identifier le représentant légal ou le proche répondant ; vérifier le niveau de soins.

En soins post-aigus

  • Évaluation cognitive une fois le délirium résolu ou stabilisé, avec un outil validé (p. ex. MoCA ou MMSE) ; un test fait en plein délirium sous-estime les capacités.
  • Potentiel de réadaptation : se juge sur la capacité d’apprentissage observée en thérapie (répéter, suivre une consigne simple, retenir une routine), pas sur un score seul.
  • Environnement : routine stable, mêmes intervenants si possible, consignes courtes, démonstration plutôt qu’explication, objets familiers.
  • Comportements : chercher d’abord douleur, constipation, rétention, faim, peur ; approche non pharmacologique (voir la fiche SCPD et agitation).
  • Inhibiteurs de la cholinestérase ou mémantine en cours : les poursuivre sauf effet indésirable ; ne pas commencer en plein délirium.

Effet sur la réadaptation

  • Objectifs : concrets et fonctionnels (transferts, marche courte, toilette) ; la cible est souvent le retour à l’état antérieur, pas plus.
  • Physiothérapie : exercices simples et répétés, intégrés aux activités quotidiennes ; séances plus courtes et plus fréquentes au besoin.
  • Ergothérapie : évaluation de la sécurité à domicile (cuisinière, médicaments, errance), aides techniques simples, recommandations sur le niveau de supervision.
  • Soins infirmiers et préposés : poursuivent les gestes appris en thérapie tout au long de la journée.
  • Travail social : soutien des proches, évaluation des besoins et des ressources, régime de protection au besoin.
  • Les proches peuvent participer aux séances pour apprendre les consignes.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Cause aiguë soupçonnée qui exige une imagerie ou un traitement hospitalier : transfert selon le niveau de soins.
  • Avis en gériatrie ou en gérontopsychiatrie si diagnostic incertain, SCPD graves ou question d’aptitude complexe.
  • Évaluation de l’aptitude à consentir aux soins ou à gérer ses biens : selon la fiche Aptitude et régimes de protection.

Préparer le congé

  • Orientation selon la fonction atteinte, la sécurité et le soutien disponible : domicile avec SAD, résidence ou hébergement.
  • Discuter tôt avec les proches de ce qui est réaliste ; éviter qu’ils découvrent la perte d’autonomie au congé.
  • Transmettre l’évaluation cognitive et fonctionnelle au médecin de famille et au SAD.
  • Aborder la conduite automobile si elle est en cause (voir la fiche Conduite automobile).

Pièges et perles

  • Refuser la réadaptation sur la base d’un diagnostic de démence prive le patient d’un gain possible.
  • Le délirium hypoactif ressemble à une démence avancée ou à une dépression.
  • Le patient « coopère mal » parce qu’il ne comprend pas la consigne : changer la façon de l’expliquer.
  • Un trouble neurocognitif peut être découvert pendant le séjour : en informer le médecin de famille pour le suivi.

Références

  • Smith TO, et al. Enhanced rehabilitation and care models for adults with dementia following hip fracture surgery. Cochrane Database Syst Rev 2020;2:CD010569.
  • Ismail Z, et al. Recommendations of the 5th Canadian Consensus Conference on the diagnosis and treatment of dementia. Alzheimers Dement 2020;16(8):1182-95.
  • MSSS. Approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier — fiches cliniques « Délirium » et « Déclin fonctionnel dans les AVQ » (2e version, 2012).

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