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Spasticité et épaule douloureuse après un AVC

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En bref : L’épaule hémiplégique douloureuse et la spasticité sont des complications fréquentes qui freinent la réadaptation (douleur, hygiène difficile, contractures, sommeil). La prévention commence au stade flasque : protéger l’épaule au lit, au fauteuil et pendant les transferts. Pour la spasticité focale gênante, la toxine botulinique est le traitement de première intention, avant les médicaments oraux. On cherche d’abord la cause de la douleur.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Douleur après une chute ou une mauvaise manipulation, déformation : fracture ou luxation.
  • Main et poignet enflés, chauds, douloureux, avec changement de couleur : syndrome douloureux régional complexe.
  • Membre supérieur enflé de façon diffuse : thrombose veineuse à éliminer.
  • Spasticité qui augmente brusquement : chercher un stimulus nocif (infection urinaire, fécalome, plaie, ongle incarné, douleur).

✅ À faire maintenant

  • Examiner l’épaule : subluxation, amplitude passive, tonus, douleur au mouvement, sensibilité, œdème de la main.
  • Chercher la cause de la douleur : subluxation, spasticité, lésion de la coiffe ou capsulite, douleur centrale, syndrome douloureux régional complexe.
  • Radiographie si trauma ou douleur inexpliquée.
  • Analgésie régulière : acétaminophène ; AINS oral ou topique au cas par cas, s’il n’y a pas de contre-indication.

En soins post-aigus

  • Prévention : appui du bras au fauteuil (tablette ou appui-bras) ; ne jamais tirer sur le bras atteint ; le soutenir pendant les transferts.
  • Poulies au-dessus de la tête : à proscrire. Pas de mouvement passif au-delà de 90° de flexion ou d’abduction sans mobiliser l’omoplate.
  • Écharpe : seulement au stade flasque, quand aucun autre support n’est possible.
  • Douleur liée à la spasticité : toxine botulinique, par le physiatre ou un médecin formé.
  • Douleur liée à une inflammation ou une lésion : infiltration sous-acromiale de corticostéroïde à envisager.
  • Bras flasque : stimulation électrique à envisager avec la physiothérapie.
  • Spasticité généralisée invalidante : baclofène ou tizanidine en appoint ; somnolence et fatigue fréquentes, risque de chute. Commencer bas et ajuster avec le pharmacien.

Effet sur la réadaptation

  • Soins infirmiers et préposés : enseignement de la manipulation et du positionnement à toute l’équipe et aux proches.
  • Physiothérapie : étirements actifs et mobilisations, surtout à la cheville ; taping de l’épaule en phase aiguë.
  • Ergothérapie : orthèses de positionnement au poignet au cas par cas, avec un plan de suivi ; appui au fauteuil.
  • Une douleur mal contrôlée limite la thérapie : ajuster l’analgésie avant les séances.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Physiatrie : spasticité focale qui nuit à la fonction, à l’hygiène ou au confort (toxine botulinique) ; syndrome douloureux régional complexe soupçonné ; spasticité grave et réfractaire.
  • Orthopédie ou urgence : fracture ou luxation, selon le niveau de soins.
  • Syndrome douloureux régional complexe : une courte corticothérapie orale dégressive peut être envisagée tôt, après avis.

Pièges et perles

  • Les attelles seules ne traitent pas la spasticité.
  • Les antispastiques oraux sédatent et affaiblissent : ils peuvent faire perdre plus de fonction qu’ils n’en donnent.
  • La spasticité aide parfois la station debout : la réduire peut nuire aux transferts.
  • Penser à la douleur centrale post-AVC si la douleur est brûlante et diffuse dans l’hémicorps.

Références

  • Cœur + AVC. Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC : prestation de la réadaptation, sections Douleur à l’épaule et SDRC, Amplitude articulaire et spasticité, 7e édition, 2025.
  • NICE NG236. Stroke rehabilitation in adults (2023).
  • Winstein CJ, et al. Guidelines for adult stroke rehabilitation and recovery (AHA/ASA). Stroke 2016;47(6):e98-e169.

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