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Soins post-aigus â€ș Éthique et fin de vie

Soins palliatifs en soins post-aigus

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En bref : Certains patients admis pour rĂ©cupĂ©rer se mettent Ă  dĂ©cliner : complications rĂ©pĂ©tĂ©es, maladie Ă©volutive, refus de manger, perte de marche malgrĂ© la thĂ©rapie. Il faut alors le reconnaĂźtre et le nommer, plutĂŽt que de poursuivre une rĂ©adaptation qui n’a plus de sens pour le patient. L’approche palliative peut se donner en mĂȘme temps que la rĂ©adaptation ; elle devient prioritaire quand la fin de vie approche. Le plan se fait avec le patient et ses proches, et le milieu de fin de vie se discute tĂŽt.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • DĂ©clin fonctionnel malgrĂ© la thĂ©rapie, alitement croissant, apports oraux en baisse.
  • Hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es, cancer avancĂ©, insuffisance d’organe terminale, TNC avancĂ© avec complication.
  • SymptĂŽmes mal contrĂŽlĂ©s : douleur, dyspnĂ©e, nausĂ©es, dĂ©lirium, dĂ©tresse.
  • Signes de fin de vie imminente : somnolence, respiration irrĂ©guliĂšre, marbrures, incapacitĂ© d’avaler.

✅ À faire maintenant

  • Se demander : « Serais-je surpris si ce patient mourait dans les prochains mois ? » Si non, ouvrir la discussion.
  • Discuter avec le patient (ou son reprĂ©sentant) du pronostic, de ses objectifs et de ses prioritĂ©s ; revoir le niveau de soins (AH-744).
  • Traiter les symptĂŽmes ; voir les fiches Soins de confort et SymptĂŽmes complexes, douleur et nausĂ©es en fin de vie.
  • Prescrire Ă  l’avance les mĂ©dicaments de dĂ©tresse et de confort selon le protocole de l’établissement, avec les voies possibles quand la voie PO n’est plus possible (SC).

En soins post-aigus

  • Cesser ce qui n’apporte plus de confort : prises de sang et signes vitaux de routine, mĂ©dicaments de prĂ©vention Ă  long terme, restrictions alimentaires.
  • Voie d’administration : passer Ă  la voie SC (papillon) quand le patient n’avale plus ; l’hypodermoclyse se discute au cas par cas.
  • Équipe de soins palliatifs : demander un avis si les symptĂŽmes sont difficiles, si une sĂ©dation palliative est envisagĂ©e ou si le patient demande l’aide mĂ©dicale Ă  mourir.
  • Milieu de fin de vie : rester sur l’unitĂ© si elle peut offrir les soins de fin de vie ; sinon, unitĂ© ou maison de soins palliatifs, ou domicile avec le SAD, selon les souhaits et les ressources.

Effet sur la réadaptation

  • Les objectifs passent de la rĂ©cupĂ©ration au confort et Ă  la qualitĂ© de vie : transferts sĂ©curitaires au fauteuil, sortie avec les proches, positionnement.
  • PhysiothĂ©rapie : exercices doux si le patient le souhaite ; techniques pour la dyspnĂ©e ; cesser si cela Ă©puise.
  • ErgothĂ©rapie : positionnement, surfaces thĂ©rapeutiques, aides pour l’autonomie qui reste.
  • Soins infirmiers : soins de bouche, de peau, gestion des symptĂŽmes, prĂ©sence.
  • Nutrition : manger pour le plaisir ; lever les textures et restrictions qui ne servent plus le confort, avec le consentement Ă©clairĂ© du patient ou de son reprĂ©sentant.
  • Travail social et soins spirituels : soutien du patient et des proches, deuil anticipĂ©.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Transfert au CH seulement s’il sert le confort ou s’il correspond au niveau de soins (ex. : fracture douloureuse soulagĂ©e par la chirurgie, occlusion avec vomissements).
  • Avis en soins palliatifs pour les symptĂŽmes rĂ©fractaires.
  • Avis en radio-oncologie ou oncologie si un traitement palliatif (ex. : radiothĂ©rapie d’une mĂ©tastase douloureuse) pourrait soulager.

Patient et proches

  • Nommer le changement d’objectif avec bienveillance : « Nous allons nous concentrer sur son confort. »
  • Expliquer ce qui va se passer et ce que l’équipe fera pour soulager.
  • Faciliter la prĂ©sence des proches selon les rĂšgles de l’unitĂ©.
  • Demande d’aide mĂ©dicale Ă  mourir : toute demande doit ĂȘtre prise au sĂ©rieux et transmise selon la Loi concernant les soins de fin de vie (voir la fiche Aide mĂ©dicale Ă  mourir).

PiĂšges et perles

  • Continuer la thĂ©rapie intensive par habitude, alors que le patient s’épuise.
  • Attendre les derniĂšres heures pour parler de fin de vie : les dĂ©cisions deviennent alors prĂ©cipitĂ©es.
  • Le dĂ©lirium de fin de vie et la dyspnĂ©e terminale se prĂ©parent : ordonnances de dĂ©tresse prĂ©vues Ă  l’avance.
  • Palliatif ne veut pas dire abandon : la mobilitĂ©, la toilette et la prĂ©sence restent des soins.

Références

  • Loi concernant les soins de fin de vie (RLRQ, c. S-32.0001).
  • INESSS. Les niveaux de soins : normes et standards de qualitĂ© (2016).
  • Highet G, et al. Development and evaluation of the Supportive and Palliative Care Indicators Tool (SPICT). BMJ Support Palliat Care 2014;4(3):285-290.
  • Formulaire AH-744 (niveaux de soins), MSSS.

Pour aller plus loin