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Soins post-aigus › Admission et orientation

Prévenir le déclin : approche AÎNÉES

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En bref : L’hospitalisation fait souvent perdre de l’autonomie à la personne âgée, même quand la maladie est guérie. L'approche adaptée à la personne âgée (AAPA) du MSSS cible six dimensions à surveiller tous les jours, résumées par AÎNÉES : Autonomie et mobilité, Intégrité de la peau, Nutrition et hydratation, Élimination, État cognitif et comportement, Sommeil. En soins post-aigus, ces mesures sont le cœur de la récupération.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Patient qui reste au lit ou au fauteuil toute la journée.
  • Rougeur qui ne blanchit pas au sacrum ou aux talons.
  • Apport alimentaire ou liquidien qui baisse, perte de poids.
  • Culotte d’incontinence ou sonde urinaire sans indication.
  • Confusion nouvelle, agitation ou somnolence.
  • Hypnotique ou contention commencés sans réévaluation.

✅ À faire maintenant

  • Revoir les six dimensions AÎNÉES à l’admission et à chaque visite.
  • Retirer tout ce qui immobilise sans raison : sonde, soluté, contention, ridelles, culotte d’incontinence.
  • Écrire une ordonnance de mobilisation claire (lever, marche, repas au fauteuil) qui respecte les restrictions.
  • Revoir les médicaments qui nuisent : sédatifs, anticholinergiques, opioïdes en excès.

En soins post-aigus

DimensionCe que le médecin vérifie
A : autonomie et mobilitéMobilisation plusieurs fois par jour ; soins personnels faits par le patient autant que possible ; mise en charge permise connue.
Î : intégrité de la peauPoints de pression, plaies, talons ; matelas adapté (voir Lésions de pression).
N : nutrition et hydratationApport en protéines, eau offerte régulièrement, dentition, textures.
É : éliminationTransit (opioïdes), rétention urinaire, horaire de toilette plutôt que culotte.
É : état cognitif et comportementDépistage du délirium ; lunettes et appareils auditifs.
S : sommeilRoutine du patient, calme la nuit, pas d’hypnotique d’emblée.

Effet sur la réadaptation

  • Les thérapies ne durent qu’une partie de la journée : la récupération dépend aussi de ce que le personnel fait le reste du temps (marcher à la toilette, manger au fauteuil, s’habiller seul).
  • Faire faire plutôt que faire à la place : c’est plus long, mais c’est l’entraînement.
  • Le préposé et l’infirmière auxiliaire appliquent le niveau d’aide fixé par la physiothérapie et l’ergothérapie.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Un déclin rapide malgré ces mesures fait chercher une maladie aiguë : infection, délirium, anémie, insuffisance cardiaque, déshydratation.
  • Transfert si la cause demande l’hôpital et que le niveau de soins le prévoit.
  • Avis de nutrition, de soins de plaies ou de gériatrie selon le problème.

Patient et proches

  • Expliquer pourquoi on encourage le patient à faire seul : ce n’est pas un manque de soins.
  • Les proches peuvent aider : marcher avec lui si l’équipe le permet, apporter vêtements et chaussures, être présents aux repas.

Pièges et perles

  • La culotte d’incontinence « par prudence » crée l’incontinence.
  • Le lit est un lieu de déconditionnement : repas et visites au fauteuil.
  • Un hypnotique commencé à l’hôpital augmente le risque de chute et de délirium : le cesser tôt.

Références

  • MSSS. Approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier : cadre de référence (2011).
  • Covinsky KE, Pierluissi E, Johnston CB. Hospitalization-associated disability: « she was probably able to ambulate, but I’m not sure ». JAMA 2011;306(16):1782-1793.
  • NICE CG103. Delirium: prevention, diagnosis and management in hospital and long-term care (mise à jour 2023).

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