En bref : En soins post-aigus, le niveau de soins dĂ©cide surtout ce qui se traite sur lâunitĂ© et ce qui justifie un retour au centre hospitalier. Le niveau choisi Ă lâhĂŽpital, souvent en pĂ©riode aiguĂ«, doit ĂȘtre revu Ă lâadmission avec le patient ou son reprĂ©sentant, en tenant compte du pronostic fonctionnel. Un niveau de soins A ou B nâempĂȘche pas de viser le confort, et un niveau C nâempĂȘche pas la rĂ©adaptation.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Aucun formulaire AH-744 au dossier, ou formulaire qui ne correspond plus à la volonté du patient.
- Décision de réanimation (RCR) absente ou ambiguë.
- Patient inapte sans représentant identifié.
- DĂ©saccord entre le patient, les proches et lâĂ©quipe sur un transfert Ă©ventuel.
â Ă faire maintenant
- Lire le formulaire AH-744 et les directives mĂ©dicales anticipĂ©es (DMA) sâil y en a.
- VĂ©rifier lâaptitude du patient Ă dĂ©cider pour cette question.
- Discuter avec lui (ou son reprĂ©sentant) de ce quâil souhaite si une complication survient pendant le sĂ©jour.
- Ăcrire concrĂštement ce qui sera fait sur place et ce qui justifierait un transfert.
En soins post-aigus
| Niveau (INESSS) | Ce que cela veut dire sur lâunitĂ© |
|---|---|
| A : prolonger la vie par tous les soins nĂ©cessaires | Transfert au centre hospitalier pour toute complication qui demande des examens ou des traitements absents de lâunitĂ©. |
| B : prolonger la vie par des soins limitĂ©s | Transfert possible, avec des limites prĂ©cisĂ©es (p. ex. pas de soins intensifs ou dâintubation). |
| C : assurer le confort en prioritĂ© | Traiter sur place ce qui est rĂ©versible (antibiotique PO, hydratation, arrĂȘt dâun mĂ©dicament). Transfert seulement si le confort lâexige. |
| D : assurer le confort uniquement | Soins de confort ; la réadaptation se poursuit seulement si elle sert le confort ou le projet du patient. |
- Le niveau de soins nâest pas un consentement : un consentement reste nĂ©cessaire Ă chaque dĂ©cision importante.
- La dĂ©cision de RCR est distincte et doit ĂȘtre Ă©crite.
Effet sur la réadaptation
- Un niveau C ou D ne veut pas dire « arrĂȘter la rĂ©adaptation » : retrouver ses transferts amĂ©liore aussi le confort et le choix du milieu de vie.
- Si la rĂ©cupĂ©ration attendue est faible, lâĂ©quipe peut rĂ©orienter les objectifs vers la sĂ©curitĂ©, le positionnement et lâaide aux soins.
- Informer lâĂ©quipe des limites dĂ©cidĂ©es pour quâelle sache quoi faire lors dâun Ă©vĂ©nement (chute, dĂ©tĂ©rioration).
Retour au centre hospitalier ou consultation
- Toujours vérifier le niveau de soins avant de transférer, sauf urgence vitale sans information au dossier.
- Patient niveau C qui se détériore : un transfert peut se justifier pour soulager (p. ex. fracture déplacée douloureuse, rétention réfractaire).
- Demande de transfert contraire au niveau de soins : revoir la volontĂ© du patient ; sâil est apte, il peut changer dâavis.
Patient et proches
- Bon moment pour la discussion : lâadmission, puis toute dĂ©tĂ©rioration ou rencontre sur le pronostic fonctionnel.
- Partir des valeurs du patient (« quâest-ce qui serait inacceptable pour vous ? ») plutĂŽt que dâune liste dâinterventions.
- Si le patient est inapte, rappeler au reprĂ©sentant quâil doit dĂ©cider selon ce que le patient aurait voulu.
PiĂšges et perles
- Recopier le niveau choisi en pleine crise aiguë sans le revoir : la situation a souvent changé.
- Confondre niveau C et « aucun traitement » : on traite ce qui est réversible et utile.
- Un patient apte dĂ©cide lui-mĂȘme : les proches ne dĂ©cident pas Ă sa place.
Références
- INESSS. Les niveaux de soins : normes et standards de qualité (2016).
- Formulaire AH-744 (niveaux de soins et réanimation cardiorespiratoire), MSSS.
- Code civil du Québec, art. 11 à 15 (consentement aux soins).
- Loi concernant les soins de fin de vie (RLRQ, c. S-32.0001) : directives médicales anticipées.