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Soins post-aigus â€ș Nutrition et Ă©limination

Incontinence urinaire nouvelle

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En bref : Une incontinence apparue pendant ou aprĂšs l’hospitalisation est souvent transitoire et rĂ©versible : mobilitĂ© rĂ©duite, dĂ©lirium, constipation, rĂ©tention, mĂ©dicaments, sonde rĂ©cemment retirĂ©e, culotte d’incontinence posĂ©e « par commoditĂ© ». Elle menace le retour Ă  domicile et l’estime de soi. On cherche d’abord les causes rĂ©versibles, puis on met en place un horaire de toilette et on vise la continence comme objectif de rĂ©adaptation.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Globe vĂ©sical, mictions frĂ©quentes de petit volume, douleur sus-pubienne : rĂ©tention avec regorgement.
  • Faiblesse nouvelle des jambes, anesthĂ©sie en selle, incontinence fĂ©cale : compression mĂ©dullaire ou syndrome de la queue de cheval.
  • FiĂšvre selon les critĂšres de Loeb (> 37,9 °C ou hausse ≄ 1,5 °C) avec symptĂŽmes urinaires : infection urinaire.
  • HĂ©maturie franche.
  • Confusion nouvelle : dĂ©lirium.

✅ À faire maintenant

  • Volume rĂ©siduel postmictionnel (Ă©chographie vĂ©sicale) selon le protocole de l’établissement.
  • Toucher rectal ou Ă©valuation des selles : fĂ©calome.
  • Revoir les mĂ©dicaments : diurĂ©tiques, sĂ©datifs, anticholinergiques, opioĂŻdes, alphabloquants, inhibiteurs de la cholinestĂ©rase.
  • Calendrier mictionnel sur quelques jours par les soins infirmiers.
  • Analyse et culture d’urine seulement si symptĂŽmes urinaires ou critĂšres de Loeb : ne pas traiter une bactĂ©riurie asymptomatique.

En soins post-aigus

  • Causes transitoires Ă  corriger : dĂ©lirium, infection symptomatique, effets mĂ©dicamenteux, hyperglycĂ©mie, constipation, mobilitĂ© rĂ©duite, accĂšs difficile Ă  la toilette.
  • AccĂšs : cloche d’appel, chaise d’aisance ou urinal Ă  portĂ©e, vĂȘtements faciles Ă  retirer, aide rapide au transfert.
  • Horaire de toilette ou incitation mictionnelle aux heures prĂ©vues ; Ă©viter de compter sur la culotte d’incontinence.
  • DiurĂ©tique : le donner le matin et l’ajuster Ă  l’état volĂ©mique.
  • Type persistant (effort, urgence, mixte, regorgement) : traitement selon la fiche Incontinence urinaire ; Ă©viter les antimuscariniques chez la personne ĂągĂ©e vulnĂ©rable sur le plan cognitif (Beers 2023).
  • Sonde Ă  demeure : seulement pour une indication prĂ©cise (rĂ©tention non rĂ©solue, plaie de stade avancĂ© souillĂ©e, fin de vie), jamais pour la seule commoditĂ©.

Effet sur la réadaptation

  • La continence dĂ©pend souvent de la mobilitĂ© : l’objectif « aller seul Ă  la toilette » rejoint ceux de la marche et des transferts.
  • PhysiothĂ©rapie : transferts, marche ; rééducation du plancher pelvien si incontinence d’effort ou d’urgence et si le patient peut y participer.
  • ErgothĂ©rapie : habillage, aides techniques (barres d’appui, siĂšge surĂ©levĂ©), amĂ©nagement de la salle de bain Ă  domicile.
  • Soins infirmiers : horaire de toilette, calendrier mictionnel, soins de la peau.
  • Pharmacien : mĂ©dicaments en cause et interactions.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Signes neurologiques de compression mĂ©dullaire : transfert urgent selon le niveau de soins.
  • RĂ©tention persistante aprĂšs correction des causes : avis en urologie.
  • HĂ©maturie inexpliquĂ©e, douleur pelvienne, infections rĂ©cidivantes : avis en urologie ou en gynĂ©cologie.
  • PyĂ©lonĂ©phrite ou sepsis : selon la fiche PyĂ©lonĂ©phrite et infection urinaire compliquĂ©e et le niveau de soins.

Préparer le congé

  • Réévaluer avant le congĂ© : souvent, la continence s’amĂ©liore avec la mobilitĂ©.
  • PrĂ©voir les aides Ă  domicile (chaise d’aisance, urinal, barres d’appui) avec l’ergothĂ©rapeute.
  • Si des produits d’incontinence restent nĂ©cessaires, enseigner leur usage et les soins de la peau.

PiĂšges et perles

  • La culotte d’incontinence posĂ©e Ă  l’hĂŽpital peut « crĂ©er » l’incontinence.
  • Une incontinence par regorgement ressemble Ă  une incontinence par urgence : mesurer le rĂ©sidu avant de prescrire un antimuscarinique.
  • Une urine trouble ou malodorante n’est pas, Ă  elle seule, une infection.
  • Le patient n’en parle pas toujours : poser la question directement.

Références

  • Gibson W, et al. Incontinence in frail elderly persons: Report of the 6th International Consultation on Incontinence. Neurourol Urodyn 2021;40(1):38-54.
  • NICE NG123. Urinary incontinence and pelvic organ prolapse in women: management (2019).
  • MSSS. Approche adaptĂ©e Ă  la personne ĂągĂ©e en milieu hospitalier — fiche clinique « Incontinence urinaire » (2e version, 2012).
  • Nicolle LE, et al. Clinical Practice Guideline for the Management of Asymptomatic Bacteriuria: 2019 Update by the IDSA. Clin Infect Dis 2019;68(10):e83-e110.

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