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Soins post-aigus › Après une fracture ou une chirurgie orthopédique

Fracture vertébrale de compression

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En bref : La fracture vertébrale de compression ostéoporotique se traite presque toujours sans chirurgie : analgésie, mobilisation précoce et traitement de l’ostéoporose. La douleur diminue en général sur quelques semaines. En soins post-aigus, il faut reconnaître les drapeaux rouges (déficit neurologique, cancer, infection) et éviter que la douleur et les opioïdes clouent le patient au lit.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Faiblesse des jambes, trouble de la sensibilité, rétention urinaire, incontinence nouvelle, anesthésie en selle : compression médullaire ou de la queue de cheval.
  • Antécédent de cancer, perte de poids, douleur nocturne qui ne cède pas : fracture pathologique.
  • Fièvre (> 37,9 °C ou hausse ≥ 1,5 °C), douleur qui augmente, bactériémie récente : spondylodiscite.
  • Douleur thoracique ou abdominale qui ne suit pas le rachis : penser à une autre cause.
  • Nouvelle douleur aiguë au dos pendant le séjour : nouvelle fracture possible.

✅ À faire maintenant

  • Examen neurologique des membres inférieurs et recherche d’un globe vésical ; le noter comme base.
  • Revoir l’imagerie (niveau, nombre de vertèbres, recul du mur postérieur décrit ou non).
  • Analgésie régulière avec prévention de la constipation.
  • Vérifier si une orthèse ou des restrictions ont été prescrites par l’orthopédie ou la neurochirurgie.

En soins post-aigus

  • Douleur : acétaminophène régulier ; opioïde à faible dose au besoin, surtout avant les thérapies ; laxatif dès le début. Voir la fiche Fracture vertébrale de compression.
  • Os : une fracture vertébrale de fragilité place le patient à risque élevé de nouvelle fracture ; un traitement de l’ostéoporose est recommandé (Ostéoporose Canada 2023). Voir la fiche Ostéoporose.
  • Vertébroplastie : les données ne montrent pas de bénéfice clair par rapport à un placebo ; elle n’est pas un traitement de routine.
  • Orthèse : données limitées ; utile pour certains patients si elle soulage. Suivre la consigne du spécialiste si elle a été prescrite.
  • Respiration : la douleur et la cyphose limitent l’expansion thoracique ; encourager la respiration profonde et la position assise.

Effet sur la réadaptation

  • Physiothérapie : mobilisation dès que la douleur le permet, posture, renforcement des extenseurs du dos, équilibre, marche.
  • Ergothérapie : techniques pour s’habiller et se lever sans flexion forcée du tronc ; aides techniques (pince, enfile-bas).
  • Enseigner à éviter la flexion avec charge et les torsions brusques.
  • Prévenir les chutes : c’est la cause la plus fréquente de la prochaine fracture.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Déficit neurologique nouveau ou qui progresse : urgence (IRM et avis chirurgical), selon le niveau de soins.
  • Soupçon de fracture pathologique ou d’infection : investigation, souvent hors de l’unité.
  • Douleur réfractaire qui empêche toute mobilisation après une analgésie bien conduite : avis spécialisé (orthopédie, neurochirurgie, clinique de la douleur).
  • Niveau C ou D : une compression médullaire d’origine cancéreuse peut justifier une corticothérapie et une radiothérapie pour le confort ; en discuter avec le patient.

Préparer le congé

  • Traitement de l’ostéoporose commencé ou planifié ; calcium et vitamine D selon les besoins.
  • Plan de sevrage des opioïdes à mesure que la douleur diminue.
  • Programme d’exercices et de prévention des chutes à domicile.

Pièges et perles

  • Le repos au lit prolongé fait perdre plus qu’il ne protège.
  • Ne pas noter l’examen neurologique de base empêche de reconnaître une aggravation.
  • Une fracture à un niveau inhabituel (thoracique haut, cervical) ou chez un patient avec antécédent de cancer doit faire penser à une métastase.

Références

  • Morin SN, et al. Clinical practice guideline for management of osteoporosis and fracture prevention in Canada: 2023 update. CMAJ 2023;195(39):E1333-E1348.
  • Esses SI, et al. The treatment of symptomatic osteoporotic spinal compression fractures. J Am Acad Orthop Surg 2011;19(3):176-182 (guide de l’AAOS).
  • Buchbinder R, et al. Percutaneous vertebroplasty for osteoporotic vertebral compression fracture. Cochrane Database Syst Rev 2018;4:CD006349.

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