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Soins post-aigus › Admission et orientation

Évaluation fonctionnelle et cognitive à l’admission

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En bref : À l’admission, on décrit trois états : l’autonomie d’avant l’hospitalisation, l’autonomie actuelle et la cognition. L’écart entre les deux premiers donne les objectifs ; la cognition dit comment le patient apprendra. Il faut d’abord dépister le délirium : un test cognitif fait pendant un délirium sous-estime le patient et peut mener à une mauvaise orientation.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Inattention, somnolence ou fluctuation : délirium probable (voir Délirium).
  • Perte d’autonomie plus grande que ne l’explique le diagnostic d’admission : chercher une autre cause (AVC, fracture manquée, anémie, hypotension).
  • Dépression ou retrait marqué qui empêche la participation.
  • Déficit visuel ou auditif non corrigé (lunettes ou appareils restés à l’hôpital).

✅ À faire maintenant

  • Demander au patient et à un proche ce qu’il faisait seul il y a un mois : marche, aide technique, escaliers, soins personnels, repas, médicaments, finances.
  • Dépister le délirium avec un outil bref (p. ex. 4AT ou CAM).
  • Observer avec l’équipe : transferts, marche, équilibre, continence, déglutition.
  • Reporter le test cognitif plus complet (p. ex. MoCA) quand le délirium est écarté ou résolu.

En soins post-aigus

  • Autonomie : le SMAF (Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle) est largement utilisé au Québec ; certaines unités de réadaptation utilisent la MIF. Suivre l’outil de l’établissement.
  • Mobilité : les physiothérapeutes choisissent les tests (p. ex. « Timed Up and Go », échelle de Berg) ; le médecin vérifie que la mise en charge permise est connue.
  • Cognition : dépister le délirium d’abord ; puis un test global si le patient est stable. Un trouble neurocognitif connu doit être décrit par son stade et son effet sur la vie quotidienne.
  • Humeur et douleur : les deux limitent la réadaptation et se dépistent facilement.
  • Sens : vision, audition, dentition et appareils.
  • Nutrition : poids, perte de poids récente, appétit ; demander l’avis de la nutritionniste.

Effet sur la réadaptation

  • Un trouble cognitif ne ferme pas la porte à la réadaptation, mais l’enseignement doit être répété, simple et pratique.
  • L’ergothérapeute évalue la cognition fonctionnelle (cuisine, médicaments, sécurité), plus utile pour le congé qu’un score seul.
  • Les résultats servent à fixer les objectifs du PII et à les réviser.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Nouveau déficit neurologique focal : urgence, transfert selon le niveau de soins.
  • Délirium sans cause trouvée sur place : bilan au centre hospitalier si le niveau de soins le prévoit.
  • Doute sur l’aptitude à retourner vivre seul : avis de gériatrie, de psychogériatrie ou évaluation en ergothérapie selon les ressources.

Patient et proches

  • Les proches sont la meilleure source sur l’état antérieur ; noter leur version au dossier.
  • Leur demander d’apporter lunettes, appareils auditifs, prothèses dentaires et chaussures fermées.

Pièges et perles

  • Un score cognitif bas pendant un délirium n’est pas un diagnostic de démence.
  • « Autonome » dans un résumé de départ ne dit rien : préciser quoi, avec quelle aide.
  • Le délirium hypoactif passe pour de la fatigue ou de la démotivation.

Références

  • Hébert R, Carrier R, Bilodeau A. The Functional Autonomy Measurement System (SMAF): description and validation of an instrument for the measurement of handicaps. Age Ageing 1988;17(5):293-302.
  • Bellelli G, et al. Validation of the 4AT, a new instrument for rapid delirium screening. Age Ageing 2014;43(4):496-502.
  • Nasreddine ZS, et al. The Montreal Cognitive Assessment, MoCA: a brief screening tool for mild cognitive impairment. J Am Geriatr Soc 2005;53(4):695-699.
  • NICE CG103. Delirium: prevention, diagnosis and management in hospital and long-term care (mise à jour 2023).

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