En bref : L’unité de soins post-aigus offre une surveillance, des examens et des traitements plus limités qu’un centre hospitalier. La question n’est pas seulement « est-ce grave ? », mais « ce dont le patient a besoin est-il disponible ici, assez vite ? ». La réponse dépend aussi du niveau de soins et des souhaits du patient. Un retour bien choisi évite une complication ; un retour évitable expose à un nouveau déclin.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Signes de sepsis ou de choc : hypotension, tachycardie, marbrures, confusion, oligurie.
- Détresse respiratoire, besoin en oxygène qui augmente, SpO₂ qui ne se corrige pas.
- Douleur thoracique, arythmie mal tolérée, syncope.
- Déficit neurologique focal nouveau, baisse de l’état de conscience, convulsion.
- Saignement actif, douleur abdominale aiguë, occlusion.
- Complication chirurgicale : luxation, fracture, plaie déhiscente, infection profonde.
✅ À faire maintenant
- Signes vitaux complets et score d’alerte précoce utilisé par l’établissement (p. ex. NEWS2), comparés à la base.
- Vérifier le niveau de soins au dossier (AH-744) et les volontés exprimées ; joindre le patient ou son représentant si elles sont floues.
- Traiter ce qui peut l’être tout de suite : oxygène, position, glycémie, arrêt d’un médicament en cause.
- Communiquer de façon structurée (SBAR) avec l’urgence ou le médecin qui reçoit.
En soins post-aigus
Ce qui se gère souvent sur place, si le patient est stable et que l’unité a les ressources :
- Infection traitée par la bouche (urinaire, peau, pneumonie légère).
- Délirium dont la cause est trouvée et corrigée (médicament, constipation, rétention).
- Déshydratation légère, hyponatrémie légère, hypotension orthostatique.
- TVP stable, une fois l’imagerie faite.
Questions à se poser
- Quels examens faut-il, et dans quel délai ? Sont-ils accessibles sur place ?
- Le traitement exige-t-il une voie intraveineuse, une surveillance continue ou une transfusion ?
- Le personnel peut-il assurer la surveillance la nuit ?
- Le transfert répond-il aux objectifs du patient ?
Effet sur la réadaptation
- Pendant l’évaluation, l’équipe allège le programme et surveille plutôt que d’arrêter toute mobilisation.
- Si le patient reste sur place, revoir les objectifs et la date de congé prévue à la rencontre d’équipe.
- Si le patient part, la physiothérapie et l’ergothérapie transmettent son niveau fonctionnel, pour qu’il soit maintenu à l’hôpital.
- Le travail social informe les proches et clarifie le retour possible sur l’unité, selon les règles de l’établissement.
Retour au centre hospitalier ou consultation
- Transfert à l’urgence si le patient présente un signal d’alarme et que le niveau de soins vise la prolongation de la vie.
- Consultation sans transfert (téléphone, téléconsultation, clinique externe rapide) si le problème est stable et que l’avis suffit : chirurgien, interniste, gériatre.
- Niveau visant le confort : soins de confort sur place ; un transfert reste possible si le confort ne peut y être assuré.
- Avec le transfert : résumé, liste des médicaments à jour, niveau de soins, état fonctionnel de base et coordonnées de l’unité.
Patient et proches
- Expliquer pourquoi le transfert est proposé, ou pourquoi on traite sur place.
- Revoir le niveau de soins si l’état a changé depuis l’admission.
- Déclarer sur l’AH-223 si la détérioration découle d’un incident ou d’un accident (erreur de médicament, chute).
Pièges et perles
- Les signes vitaux « dans les normes » peuvent cacher une détérioration : comparer à la base du patient.
- Un recul fonctionnel inexpliqué (marche, appétit, participation) est souvent le premier signe.
- Documenter la note de garde : constats, discussion du niveau de soins, décision et suivi.
Références
- INESSS. Les niveaux de soins : normes et standards de qualité (2016).
- Royal College of Physicians. National Early Warning Score (NEWS) 2: standardising the assessment of acute-illness severity in the NHS (2017).
- MSSS. Approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier : cadre de référence (2011).
- Formulaires AH-744 (niveaux de soins) et AH-223 (déclaration d’incident ou d’accident), MSSS.