En bref : La plupart des appels de garde en CHSLD se règlent au téléphone ou en vidéo, avec une infirmière qui connaît le résident. La décision clé est : conseil à distance, visite sur place ou transfert ? Elle repose sur la gravité, l’état de base, le niveau de soins et ce que l’équipe peut faire sur place. Les obligations sont les mêmes qu’en personne : qualité, confidentialité, consentement, suivi et note au dossier.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme (voir le résident ou décider vite d’un transfert)
- Signes vitaux instables, détresse respiratoire, baisse de l’état de conscience, déficit neurologique nouveau.
- Douleur sévère non expliquée, fracture soupçonnée, saignement actif.
- Infirmière inquiète ou mal à l’aise avec le plan : c’est un signal en soi.
- Deuxième appel pour le même problème en quelques heures : la situation évolue mal.
- Désaccord avec la famille sur le niveau de soins ou sur un transfert.
✅ À faire maintenant
- Identifier le résident, l’unité et l’interlocuteur ; confirmer le niveau de soins et la décision de RCR (AH-744).
- Obtenir une présentation structurée : situation, contexte, évaluation, demande ; signes vitaux complets, SpO₂, glycémie, état de base cognitif et fonctionnel.
- Demander les changements récents de médication et les résultats récents.
- Utiliser la vidéo quand l’observation aide (respiration, plaie, éruption, agitation), si l’équipe et le résident y consentent.
- Énoncer un plan clair : quoi surveiller, à quelle fréquence, et quand rappeler.
- Faire relire les ordonnances verbales ; documenter l’appel (voir la page de garde Note de garde).
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A – B | Si le problème est grave et ne peut être traité sur place : transfert sans attendre une visite. Le conseil à distance sert à stabiliser en attendant (position, oxygène, glycémie). |
| C | Viser l’évaluation et le traitement sur place ; visite en personne si l’examen change la conduite. Transfert seulement si le confort ou un besoin urgent l’exige. |
| D | Conseils de confort à distance, ordonnances de confort ; visite si les symptômes restent mal soulagés ou si la famille a besoin d’être rencontrée. |
Un niveau de soins absent ou périmé ne se règle pas toujours de nuit au téléphone : agir selon l’urgence et les volontés connues, puis demander une révision rapide par le médecin traitant.
Prise en charge à distance ou sur place
- Qui appeler : en semaine, le médecin traitant d’abord ; soirs, fins de semaine et fériés, le médecin de garde, selon l’organisation de l’établissement.
- Téléconsultation : le médecin a les mêmes obligations qu’en personne ; il doit pouvoir faire voir le résident en personne si un examen est nécessaire. Consentement verbal possible, consigné au dossier, en expliquant les limites de l’évaluation à distance.
- Bons candidats à distance : problème connu qui récidive, ajustement de médication, résultat de laboratoire, symptôme bénin avec signes vitaux normaux, soins de confort.
- Visite en personne : quand l’examen physique décide de la conduite (abdomen, membre douloureux, neurologie), quand le diagnostic reste flou, ou pour une rencontre de famille difficile.
- Ordonnance verbale : donnée à une infirmière ou à une personne habilitée, avec le nom et le numéro de permis du médecin ; elle est consignée au dossier ; un seul intermédiaire, qui la transmet par écrit (Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin, art. 20 et 21). Le règlement ne fixe pas de délai de contresignature : suivre la politique de l’établissement.
- Note : heure, interlocuteur, données transmises, hypothèse, plan, critères de rappel, discussion avec la famille.
- Transmission : laisser au médecin traitant un résumé des appels de garde pour le suivi du jour ouvrable suivant.
Famille et suivi
- Le représentant peut participer à l’appel vidéo ou téléphonique si le résident y consent ou est inapte ; c’est souvent l’occasion de revoir les objectifs.
- Expliquer pourquoi un traitement sur place est proposé plutôt qu’un transfert, selon le niveau de soins.
- Prévoir une réévaluation à heure fixe plutôt qu’un « rappelez si ça ne va pas » vague.
Pièges et perles
- « Il n’est pas comme d’habitude » : premier signe fréquent d’une maladie aiguë chez le résident avec TNC. Faire préciser ce qui a changé.
- Une glycémie capillaire et des signes vitaux complets avant l’appel évitent bien des erreurs.
- Ne pas multiplier les ordonnances verbales de nuit pour des problèmes chroniques : les laisser au médecin traitant.
- Choisir avec soin Canada encourage les soins virtuels en complément des visites, pas en remplacement de l’examen quand il est nécessaire.
Références
- Collège des médecins du Québec. Téléconsultations : conditions nécessaires et questions-réponses (fiches Télémédecine, mise à jour 2021).
- Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin, RLRQ c. M-9, r. 25.1, art. 20 et 21 (ordonnance verbale).
- Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choosing Wisely Canada — Long-Term Care: nine recommendations. Mise à jour 2025.
- INESSS. Les niveaux de soins : normes et standards de qualité. 2016 ; formulaire AH-744 (niveaux de soins et RCR).