En bref : Un tremblement, une rigiditĂ© ou des mouvements anormaux nouveaux chez un rĂ©sident sont souvent dâorigine mĂ©dicamenteuse : antipsychotiques, mĂ©toclopramide, lithium, valproate, ISRS, salbutamol. Le parkinsonisme mĂ©dicamenteux augmente le risque de chute, de dysphagie et de dĂ©pendance. La premiĂšre mesure est de rĂ©duire ou cesser le mĂ©dicament en cause. Les anticholinergiques antiparkinsoniens (benztropine, trihexyphĂ©nidyle) sont Ă Ă©viter chez la personne ĂągĂ©e.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Rigidité importante avec fiÚvre, confusion, instabilité autonome : syndrome malin des neuroleptiques (urgence).
- Tremblement, myoclonies, agitation, diarrhée, hyperréflexie aprÚs un ajout sérotoninergique : syndrome sérotoninergique.
- Tremblement grossier, confusion, ataxie sous lithium : toxicité (voir la fiche Intoxication au lithium).
- Dystonie aiguĂ« (torticolis, crise oculogyre, atteinte de la langue ou du larynx) : rare chez lâĂągĂ©, mais urgente si la respiration ou la dĂ©glutition sont touchĂ©es.
- Nouvelle dysphagie ou chutes depuis le dĂ©but dâun antipsychotique.
â Ă faire maintenant
- Revoir la liste des mĂ©dicaments : ajout ou hausse rĂ©cente dâun antipsychotique, dâun antiĂ©mĂ©tique ou dâun autre mĂ©dicament en cause.
- CaractĂ©riser : tremblement de repos ou dâaction, rigiditĂ©, bradykinĂ©sie, akathisie (agitation motrice), mouvements bucco-linguaux (dyskinĂ©sie tardive).
- Signes vitaux et tempĂ©rature ; chercher la dĂ©shydratation et lâhyperthyroĂŻdie si le tremblement est dâaction.
- Ăvaluer la dĂ©glutition et le risque de chute.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A â B | Ajuster les mĂ©dicaments sur place ; transfert si syndrome malin des neuroleptiques, syndrome sĂ©rotoninergique grave ou toxicitĂ© au lithium. |
| C | Cesser ou rĂ©duire le mĂ©dicament en cause ; hydratation et soutien sur place ; transfert seulement si le confort lâexige. |
| D | Confort : cesser le mĂ©dicament en cause ; en fin de vie, choisir un antiĂ©mĂ©tique ou un antipsychotique qui cause peu dâeffets extrapyramidaux. |
Prise en charge
- Parkinsonisme mĂ©dicamenteux : rĂ©duire ou cesser lâantipsychotique ou le mĂ©toclopramide ; lâamĂ©lioration peut prendre des semaines Ă des mois. Si un antipsychotique reste nĂ©cessaire, choisir un agent Ă faible risque extrapyramidal, avec avis du pharmacien ou de la psychiatrie.
- Akathisie : souvent confondue avec une aggravation des SCPD ; rĂ©duire la dose plutĂŽt quâajouter un sĂ©datif.
- DyskinĂ©sie tardive : réévaluer le besoin dâantipsychotique ; ne pas ajouter dâanticholinergique ; avis spĂ©cialisĂ© si elle est gĂȘnante.
- Antiparkinsoniens anticholinergiques : ne pas les utiliser pour prévenir ou traiter les effets extrapyramidaux chez la personne ùgée (confusion, rétention, constipation).
- Tremblement essentiel ou physiologique accentuĂ© : revoir la cafĂ©ine, les bronchodilatateurs, la lĂ©vothyroxine ; traitement seulement sâil gĂȘne lâalimentation ou les soins.
- Maladie de Parkinson ou démence à corps de Lewy : voir la situation Parkinson et démence à corps de Lewy (sensibilité grave aux antipsychotiques).
- Déprescription des antipsychotiques en SCPD : voir la situation Antipsychotiques en démence.
Famille et suivi
- Expliquer au reprĂ©sentant que les symptĂŽmes viennent probablement dâun mĂ©dicament et que la rĂ©duction est la premiĂšre Ă©tape.
- Suivre lâĂ©volution motrice, la dĂ©glutition et les comportements aprĂšs chaque changement.
PiĂšges et perles
- Un parkinsonisme apparu sous antipsychotique nâest pas une maladie de Parkinson : ne pas ajouter de lĂ©vodopa sans avoir dâabord retirĂ© la cause.
- Le métoclopramide est souvent oublié comme cause ; il est à éviter chez la personne ùgée sauf gastroparésie.
- Lâakathisie ressemble Ă de lâagitation : augmenter lâantipsychotique lâaggrave.
- La rispéridone à dose plus élevée cause aussi des effets extrapyramidaux.
Références
- American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
- INESSS. Usage optimal des antipsychotiques et prise en charge non pharmacologique des SCPD chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs qui résident en CHSLD. Avis, décembre 2017.
- Shin HW, Chung SJ. Drug-induced parkinsonism. J Clin Neurol 2012;8(1):15-21.
- Keepers GA, et al. The American Psychiatric Association Practice Guideline for the Treatment of Patients With Schizophrenia. Am J Psychiatry 2020;177(9):868-72.