En bref : Ătre porteur de SARM ou dâERV nâest pas une infection : on ne traite pas la colonisation. En CHSLD, le milieu de vie du rĂ©sident compte : les mesures doivent limiter la transmission sans lâisoler inutilement. Pour lâERV, lâINSPQ juge que des pratiques de base rigoureuses suffisent en gĂ©nĂ©ral. Les mesures prĂ©cises relĂšvent de la politique de prĂ©vention et contrĂŽle des infections (PCI) de lâĂ©tablissement.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Signes dâinfection chez un porteur connu (fiĂšvre, cellulite purulente, pneumonie, sepsis) : en tenir compte dans le choix de lâantibiotique empirique.
- Plaie qui draine abondamment, diarrhĂ©e ou incontinence fĂ©cale non contenue, toux productive : risque accru de dissĂ©mination ; aviser lâĂ©quipe PCI.
â Ă faire maintenant
- VĂ©rifier lâalerte au dossier et la politique PCI locale (chambre, prĂ©cautions, activitĂ©s).
- Ne pas prescrire dâantibiotique pour un dĂ©pistage ou une culture positive sans signe dâinfection.
- Infection soupçonnĂ©e : cultures selon le site (pus, hĂ©mocultures selon le niveau de soins) avant lâantibiotique.
- Informer le milieu receveur du statut de porteur lors dâun transfert.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A â B | Le portage ne change pas le niveau de soins. En cas dâinfection grave, transfert selon la situation clinique, avec communication du statut. |
| C | Traiter une vraie infection sur place avec un antibiotique actif, PO si possible, selon la culture et le guide local. |
| D | Confort. Le dépistage et les mesures restrictives sont à alléger selon la politique PCI ; les mesures de base restent. |
Sur place
- Pratiques de base pour tous les rĂ©sidents : hygiĂšne des mains, hygiĂšne du rĂ©sident, entretien de lâenvironnement, gestion des excrĂ©tas.
- ERV : en CHSLD, lâapplication rigoureuse des pratiques de base suffit en gĂ©nĂ©ral ; les mesures restrictives sont Ă utiliser avec prudence vu la longue durĂ©e de sĂ©jour et leurs effets sur le rĂ©sident (INSPQ, 2015).
- SARM : chambre, prĂ©cautions additionnelles et participation aux activitĂ©s selon la politique PCI ; des prĂ©cautions supplĂ©mentaires sâappliquent surtout quand les sĂ©crĂ©tions ou les excrĂ©tas ne peuvent ĂȘtre contenus.
- Infection Ă SARM : options PO (doxycycline, TMP-SMX selon la sensibilitĂ©) ; traitement : voir la fiche SARM â dĂ©colonisation et la fiche de lâinfection en cause.
- DĂ©colonisation : pas de façon systĂ©matique ; seulement selon une indication prĂ©cise et la politique PCI (voir la fiche SARM â dĂ©colonisation).
Prévenir
- RĂ©duire les antibiotiques inutiles : câest la mesure qui limite le plus la sĂ©lection des bactĂ©ries rĂ©sistantes.
- Retirer les sondes et dispositifs qui ne sont plus nécessaires.
- Soins de plaies selon les bonnes pratiques ; pansement qui contient lâexsudat.
Famille et suivi
- Expliquer au résident et au représentant que le portage est fréquent, ne rend pas malade en soi et ne demande pas de traitement.
- Rappeler lâhygiĂšne des mains aux visiteurs ; les mesures pour eux suivent la politique PCI.
PiĂšges et perles
- Culture dâurine ou de plaie positive pour SARM ou ERV sans symptĂŽme : colonisation, pas dâantibiotique.
- Lâisolement prolongĂ© favorise lâisolement social, le dĂ©lirium et le dĂ©clin fonctionnel.
- Un porteur de SARM avec une pneumonie grave ou un sepsis : penser Ă couvrir le SARM dans lâantibiothĂ©rapie empirique selon le guide local.
Références
- INSPQ (CINQ). EntĂ©rocoques rĂ©sistants Ă la vancomycine : mesures de prĂ©vention et contrĂŽle pour les milieux dâhĂ©bergement et de soins de longue durĂ©e (2015).
- INSPQ (CINQ). Mesures de prévention et de contrÎle du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline pour les centres hospitaliers de soins généraux et spécialisés (avr. 2026).
- Smith PW, et al. SHEA/APIC guideline: infection prevention and control in the long-term care facility. Infect Control Hosp Epidemiol 2008;29(9):785-814.
- Nicolle LE, et al. Asymptomatic bacteriuria: 2019 update by the IDSA. Clin Infect Dis 2019;68(10):e83-e110.