Dr .omni

CHSLD et soins palliatifs › Maladies chroniques

Hyperthyroïdie

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En bref : En CHSLD, une TSH basse vient souvent d’une dose trop forte de lévothyroxine, d’un médicament (amiodarone, iode) ou d’un goitre multinodulaire. Chez la personne âgée, l’hyperthyroïdie est souvent « apathique » : perte de poids, FA, faiblesse, apathie ou confusion plutôt que nervosité. Le traitement vise les symptômes, la FA et l’os, selon les objectifs de soins.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Fièvre, tachycardie marquée, agitation ou délirium, vomissements, IC : crise thyréotoxique (rare, urgence).
  • FA rapide nouvelle ou difficile à contrôler (voir la situation Bradycardie, tachycardie, FA rapide).
  • Sous méthimazole : fièvre, mal de gorge, ulcères buccaux : agranulocytose ; FSC le jour même et cesser l’antithyroïdien en attendant.
  • Ictère ou urine foncée sous antithyroïdien : atteinte hépatique.

✅ À faire maintenant

  • TSH basse : refaire TSH avec T4 libre (et T3 si T4 normale) avant de conclure, sauf urgence.
  • Revoir les médicaments : lévothyroxine (dose, changement récent), amiodarone, lithium, iode (produit de contraste récent).
  • Pouls, rythme (ECG si irrégulier), poids, signes d’IC, tremblement, goitre.
  • Maladie aiguë, corticostéroïde ou dopamine : la TSH peut être basse sans hyperthyroïdie ; recontrôler après la guérison.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BPréciser la cause ; antithyroïdien, iode radioactif ou chirurgie selon l’avis en endocrinologie ; transfert si crise thyréotoxique.
CTraiter sur place : ajuster la lévothyroxine, bêtabloquant pour les symptômes, méthimazole si utile ; transfert si la crise ne peut être soulagée sur place.
DBêtabloquant si palpitations ou tremblement gênent ; pas de bilan thyroïdien.

Prise en charge

  • Lévothyroxine en excès : réduire la dose et recontrôler la TSH dans 6 à 8 semaines. Vérifier d’abord l’indication initiale.
  • Hyperthyroïdie infraclinique : l’ATA (2016) recommande de traiter à 65 ans et plus si la TSH est sous 0,1 mU/L, et d’envisager le traitement si elle est entre 0,1 et la limite inférieure. En CHSLD, tenir compte de l’espérance de vie et des objectifs.
  • Symptômes ou FA : bêtabloquant en premier (prudence si asthme, MPOC grave, bradycardie, hypotension).
  • Goitre multinodulaire ou maladie de Graves : méthimazole au long cours à faible dose souvent raisonnable chez le résident frêle ; l’iode radioactif demande des déplacements et des précautions de radioprotection. Doses : voir la fiche Thyroïde.
  • Méthimazole : informer l’équipe des signes d’agranulocytose ; la plupart des réactions surviennent dans les 90 premiers jours ; contrôler T4 libre et T3 dans 2 à 6 semaines, la TSH reste basse longtemps.
  • Amiodarone : thyrotoxicose de mécanisme variable ; demander l’avis de l’endocrinologie.
  • FA : discuter de l’anticoagulation selon les objectifs (voir la situation Anticoagulation de la FA).

Pièges et perles

  • Perte de poids et déclin inexpliqués : la TSH fait partie du bilan utile.
  • Ne pas traiter par antithyroïdien une TSH basse causée par la lévothyroxine.
  • Le bêtabloquant masque la tachycardie : surveiller aussi le poids, le sommeil et l’état général.
  • Une thyroïdite (après une infection, sous amiodarone ou lithium) se résout souvent seule : bêtabloquant seulement.

Références

  • Ross DS, et al. 2016 American Thyroid Association guidelines for diagnosis and management of hyperthyroidism and other causes of thyrotoxicosis. Thyroid 2016;26(10):1343-421.
  • Biondi B, Cooper DS. The clinical significance of subclinical thyroid dysfunction. Endocr Rev 2008;29(1):76-131.

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