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CHSLD et soins palliatifs › Soins palliatifs et fin de vie

Douleur : opioïdes SC

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En bref : Quand le résident ne peut plus avaler ou que la douleur n’est pas contrôlée, on passe à la voie sous-cutanée par un papillon SC. En CHSLD, on utilise surtout la morphine ou l'hydromorphone, en dose régulière et en entre-doses. Chez le résident frêle ou insuffisant rénal, on commence bas et on ajuste chaque jour. La douleur se mesure avec une échelle adaptée au TNC.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Toxicité opioïde : somnolence croissante, respiration lente, myoclonies, délirium, hyperalgésie (douleur diffuse au toucher).
  • Douleur nouvelle ou brutale : fracture, globe vésical, fécalome, plaie, ischémie ; ne pas seulement augmenter l’opioïde.
  • Insuffisance rénale : accumulation des métabolites de la morphine ; préférer l’hydromorphone et espacer.

✅ À faire maintenant

  • Évaluer la douleur : description par le résident si possible ; sinon PAINAD ou PACSLAC, observées par l’équipe.
  • Calculer la dose totale reçue en 24 h (régulières + entre-doses) avant de modifier.
  • Conversion PO → SC : diviser la dose orale de morphine ou d’hydromorphone par 2 environ (voir la fiche Conversions d’opioïdes).
  • Prescrire une entre-dose SC, environ 10 % de la dose quotidienne, au besoin (Pallium).
  • Prescrire en même temps un laxatif (si le résident avale encore) et un antiémétique au besoin.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BChercher et traiter la cause de la douleur (imagerie, consultation, transfert si une chirurgie soulagerait). Opioïdes SC en appoint.
CTraiter la cause sur place quand c’est possible ; opioïdes SC. Transfert si le confort l’exige (fracture de hanche).
DAnalgésie de confort par voie SC, ajustée sans retard. Pas d’investigation.

En pratique au CHSLD

  • Résident naïf aux opioïdes : commencer à faible dose, en entre-doses ou en dose régulière q4h selon la fréquence de la douleur. Doses : voir la fiche Symptômes complexes, douleur et nausées en fin de vie.
  • Ajuster : si des entre-doses sont régulièrement nécessaires chaque jour, intégrer la quantité dans la dose régulière.
  • Fentanyl transdermique : pour une douleur stable seulement ; pas chez le naïf ni pour un ajustement rapide. Le garder en fin de vie et ajouter des entre-doses SC.
  • Volume : concentrer la solution (hydromorphone plus concentrée) pour garder de petits volumes par injection ; une perfusion SC continue est possible selon les ressources du milieu.
  • Méthadone, rotation complexe : avis du pharmacien ou de l’équipe de soins palliatifs (voir la garde Conversion et rotation des opioïdes).
  • Coanalgésie : acétaminophène régulier si le résident avale encore ; corticostéroïde ou autre selon la cause, avec avis.

Famille

  • Rassurer : à dose ajustée, l’opioïde soulage et n’accélère pas la mort.
  • Expliquer les signes de soulagement et de toxicité que l’équipe surveille.

Pièges et perles

  • Une agitation peut être une douleur non soulagée… ou une toxicité opioïde : examiner avant d’augmenter.
  • Les erreurs de conversion sont fréquentes : faire valider par le pharmacien.
  • La mépéridine est à éviter (Beers 2023) ; la codéine et le tramadol ont une réponse imprévisible et n’ont pas de forme SC.
  • Ne pas cesser brusquement un opioïde au long cours en fin de vie : convertir.

Références

  • Pallium Canada. Pallium Palliative Pocketbook, 3e éd. (2026).
  • American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
  • NICE NG31. Care of dying adults in the last days of life (2015) : douleur.
  • Warden V, Hurley AC, Volicer L. Development and psychometric evaluation of the Pain Assessment in Advanced Dementia (PAINAD) scale. J Am Med Dir Assoc 2003;4(1):9-15.

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