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CHSLD et soins palliatifs › Admission, suivi et organisation des soins

Chutes à répétition

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En bref : Le résident qui chute à répétition a besoin d’une évaluation multifactorielle, pas seulement d’une prise en charge chute par chute. On cherche ce qui peut être corrigé : médicaments, hypotension orthostatique, troubles de la marche, vision, continence, délirium, douleur. Les contentions ne préviennent pas les blessures. Le plan accepte souvent un certain risque, discuté avec le résident ou son représentant, pour préserver la mobilité.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Chutes de plus en plus fréquentes, céphalée ou confusion : hématome sous-dural, surtout sous anticoagulant.
  • Perte de conscience, palpitations : syncope à distinguer d’une chute mécanique.
  • Nouvelle faiblesse focale, raideur, tremblement : AVC, parkinsonisme médicamenteux.
  • Chutes nouvelles sur une courte période : maladie aiguë (infection, délirium, déshydratation).

✅ À faire maintenant

  • Revoir les circonstances des chutes avec l’équipe (heure, lieu, activité, chaussures, toilette).
  • TA couché puis debout ; examen de la marche, des pieds, de la vision ; cognition comparée à l’état de base.
  • Revue de la médication avec le pharmacien : sédatifs, antipsychotiques, antidépresseurs, opioïdes, anticholinergiques, antihypertenseurs, diurétiques, hypoglycémiants.
  • Évaluer le risque de fracture et la vitamine D (voir Prévention des fractures).

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BÉvaluation multifactorielle complète ; investigation d’une syncope ou d’une cause neurologique si elle change la conduite.
CCorriger sur place ce qui est corrigeable (médicaments, orthostatisme, environnement, horaire de toilette) ; prévention des blessures.
DLiberté de mouvement et confort ; prévenir les blessures sans restreindre ; analgésie après une chute.

Plan de prévention

  • Équipe : soins infirmiers, physiothérapie, ergothérapie, pharmacien ; plan revu après chaque chute.
  • Mobilité : exercice d’équilibre et de renforcement adapté ; aide technique ajustée.
  • Environnement : lit bas, éclairage la nuit, cloche d’appel à portée, chaussures fermées, chemin dégagé vers la toilette.
  • Sens : lunettes propres et adaptées, appareils auditifs.
  • Continence : horaire de toilette ; traiter nycturie et constipation.
  • Blessures : protecteurs de hanche, vitamine D, traitement de l’ostéoporose selon le niveau de soins.
  • Contention : mesure exceptionnelle, en dernier recours, jamais pour prévenir les chutes ; elle cause déconditionnement, agitation et blessures.

Famille, déclaration et suivi

  • Discuter du risque accepté : rester mobile comporte un risque de chute qu’aucune mesure n’élimine.
  • Déclarer chaque chute sur le formulaire AH-223-1 ; divulguer au résident ou au représentant s’il y a des conséquences.
  • Réévaluer le plan à chaque nouvelle chute.

Pièges et perles

  • Une alarme de lit ou une ridelle relevée peut augmenter la gravité des chutes (chute de plus haut, enjambement).
  • Cesser un sédatif fait souvent plus que n’importe quel équipement.
  • Un anticoagulant n’est pas contre-indiqué du seul fait des chutes : peser le risque d’AVC et le risque de saignement, avec les objectifs de soins.

Références

  • Montero-Odasso M, et al. World guidelines for falls prevention and management for older adults. Age Ageing 2022;51(9):afac205.
  • Papaioannou A, et al. Recommendations for preventing fracture in long-term care. CMAJ 2015;187(15):1135-44.
  • American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
  • MSSS. Orientations ministérielles relatives à l’utilisation exceptionnelle des mesures de contrôle : contention, isolement et substances chimiques (2002) ; Cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle (2015) ; formulaire AH-223-1.

Pour aller plus loin