Dr .omni

Soins post-aigus â€ș DĂ©conditionnement et maladies mĂ©dicales

Syndrome post-soins intensifs

✉ Signaler une erreur

En bref : AprĂšs un sĂ©jour aux soins intensifs, beaucoup de patients gardent des atteintes physiques (faiblesse acquise aux soins intensifs, dyspnĂ©e, dysphagie aprĂšs intubation), cognitives (attention, mĂ©moire, fonctions exĂ©cutives) et psychologiques (anxiĂ©tĂ©, dĂ©pression, stress post-traumatique). C’est le syndrome post-soins intensifs. Les proches peuvent aussi en souffrir. En rĂ©adaptation, on dĂ©piste les trois volets, on progresse prudemment et on prĂ©pare un suivi aprĂšs le congĂ©.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Stridor, voix trĂšs faible ou toux inefficace aprĂšs une intubation ou une trachĂ©otomie : avis ORL.
  • Toux aux repas, pneumonies : dysphagie aprĂšs intubation.
  • DĂ©saturation ou tachycardie Ă  l’effort qui ne s’amĂ©liore pas : TEV, insuffisance cardiaque, sĂ©quelle pulmonaire.
  • Cauchemars, reviviscences, idĂ©es suicidaires.

✅ À faire maintenant (admission)

  • Lire le rĂ©sumĂ© des soins intensifs : durĂ©e de ventilation, dĂ©lirium, sĂ©dation, trachĂ©otomie, complications.
  • DĂ©pister la dĂ©glutition avant de reprendre une alimentation orale normale.
  • Évaluer la force, la cognition (par exemple MoCA quand le dĂ©lirium est rĂ©solu) et l’humeur.
  • Revoir les mĂ©dicaments commencĂ©s aux soins intensifs : antipsychotiques, sĂ©datifs, opioĂŻdes, IPP, Ă  cesser s’ils ne sont plus indiquĂ©s.
  • Rechercher la dĂ©nutrition et la perte musculaire ; plaies de pression.

En soins post-aigus

  • Physique : progression graduelle de l’activitĂ© ; surveiller SpO₂ et frĂ©quence cardiaque Ă  l’effort selon le protocole.
  • Cognitif : distinguer un dĂ©lirium qui persiste d’une atteinte cognitive installĂ©e ; réévaluer avant le congĂ©.
  • Psychologique : dĂ©pister l’anxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression et le stress post-traumatique ; orienter vers le soutien psychologique selon le milieu. Voir la fiche AnxiĂ©tĂ© et TSPT.
  • Sommeil : Ă©viter de remplacer la sĂ©dation des soins intensifs par des hypnotiques.
  • Nutrition : besoins augmentĂ©s en Ă©nergie et en protĂ©ines pendant la rĂ©cupĂ©ration.

Effet sur la réadaptation

  • PhysiothĂ©rapie : renforcement, endurance, Ă©quilibre, respiration ; la faiblesse acquise aux soins intensifs rĂ©cupĂšre souvent lentement.
  • ErgothĂ©rapie : AVQ, fatigue, cognition fonctionnelle, gestion de l’énergie.
  • Orthophonie : voix et dĂ©glutition aprĂšs intubation ou trachĂ©otomie.
  • Psychologie ou travail social : rĂ©cit du sĂ©jour aux soins intensifs (un journal tenu par les proches peut aider), soutien aux proches.
  • Fixer des objectifs par Ă©tapes ; expliquer que la rĂ©cupĂ©ration se compte en mois.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Niveaux A – B : transfert si dĂ©tresse respiratoire, sepsis, problĂšme de trachĂ©otomie non gĂ©rable sur place.
  • ORL : dysphonie persistante, stridor, stĂ©nose soupçonnĂ©e.
  • Neurologie ou physiatrie : faiblesse qui ne rĂ©cupĂšre pas, doute sur une neuropathie ou une myopathie.
  • Psychiatrie : stress post-traumatique grave, risque suicidaire.
  • Clinique de suivi post-soins intensifs si elle existe dans la rĂ©gion.

Patient et proches

  • Nommer le syndrome : cela rassure le patient sur des symptĂŽmes qu’il ne comprend pas.
  • Les proches aidants ont aussi un risque d’anxiĂ©tĂ© et de dĂ©pression ; les orienter vers le soutien.

PiĂšges et perles

  • Un antipsychotique commencĂ© pour le dĂ©lirium aux soins intensifs est souvent poursuivi sans raison : le cesser.
  • Les troubles cognitifs peuvent ĂȘtre discrets et n’apparaĂźtre qu’au retour Ă  domicile (gestion des mĂ©dicaments, finances).
  • Les faux souvenirs du sĂ©jour (hallucinations vĂ©cues comme rĂ©elles) alimentent le stress post-traumatique.

Références

  • Needham DM, et al. Improving long-term outcomes after discharge from intensive care unit: report from a stakeholders' conference. Crit Care Med 2012;40(2):502-9.
  • NICE CG83. Rehabilitation after critical illness in adults (2009) et norme de qualitĂ© QS158 (2017).
  • Devlin JW, et al. Clinical practice guidelines for the prevention and management of pain, agitation/sedation, delirium, immobility, and sleep disruption in adult patients in the ICU (PADIS). Crit Care Med 2018;46(9):e825-e873.

Pour aller plus loin