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Soins post-aigus › Déconditionnement et maladies médicales

MPOC et réadaptation pulmonaire

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En bref : Après une exacerbation de MPOC, le patient âgé arrive en soins post-aigus essoufflé, déconditionné et parfois encore sous corticostéroïde ou antibiotique. La réadaptation pulmonaire, combinée au bon traitement inhalé, est ce qui soulage le mieux la dyspnée et améliore la qualité de vie. La commencer après une hospitalisation est associé à une meilleure survie. Le séjour sert aussi à corriger la technique d’inhalation, à revoir l’oxygène et à préparer un plan d’action.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Dyspnée qui augmente, expectorations purulentes, fièvre : nouvelle exacerbation ou pneumonie.
  • Somnolence, céphalée matinale, confusion sous oxygène : hypercapnie.
  • Douleur thoracique, dyspnée soudaine : pneumothorax, embolie pulmonaire, syndrome coronarien.
  • Hyperglycémie ou délirium sous corticostéroïde.

✅ À faire maintenant (admission)

  • Vérifier la date de fin de la prednisone et de l’antibiotique ; ne pas les prolonger sans raison.
  • Prescrire la cible de SpO₂ indiquée pour ce patient (risque d’hypercapnie), selon la fiche Oxygénothérapie.
  • Revoir le traitement inhalé selon la fiche MPOC et faire vérifier la technique par l’inhalothérapeute ou le pharmacien.
  • Tabac : offrir la thérapie de remplacement de la nicotine dès l’admission.
  • Vaccins à jour (influenza, pneumocoque, COVID-19, VRS selon le PIQ).

En soins post-aigus

  • Traitement inhalé : une seule forme d’inhalateur si possible ; dispositif adapté à la force d’inspiration et à la dextérité ; chambre d’espacement au besoin.
  • Oxygène : titrer à la cible ; réévaluer le besoin à distance de l’exacerbation avant de prescrire de l’oxygène à domicile (critères du programme régional).
  • Dyspnée : techniques de respiration, positionnement, ventilateur dirigé vers le visage ; en MPOC avancée, discuter des opioïdes à faible dose pour la dyspnée réfractaire (voir la fiche MPOC).
  • Nutrition : dénutrition et perte musculaire fréquentes.
  • Anxiété et dépression : fréquentes ; elles amplifient la dyspnée.

Effet sur la réadaptation

  • Physiothérapie : entraînement en endurance et en force, avec oxygène pendant l’effort si prescrit ; pauses fréquentes ; surveiller la SpO₂.
  • Inhalothérapie : technique d’inhalation, dégagement des sécrétions, gestion de l’oxygène.
  • Ergothérapie : conservation de l’énergie dans les AVQ, aides techniques, aménagement du domicile.
  • Soins infirmiers : enseignement du plan d’action, prise de médicaments avant l’effort si prescrit.
  • Prendre le bronchodilatateur de secours avant la séance si le plan le prévoit.

Retour au centre hospitalier ou consultation

NiveauConduite
A – BTransfert si détresse respiratoire, hypercapnie avec somnolence (ventilation non invasive), hypoxémie non corrigée sur place.
CTraiter l’exacerbation sur place (bronchodilatateurs, prednisone, antibiotique si indiqué) ; transfert si le confort l’exige.
DConfort : opioïde et anxiolytique pour la dyspnée, selon la fiche Soins de confort.

Pneumologie : exacerbations répétées malgré un traitement optimal, oxygène à domicile, ventilation à domicile.

Préparer le congé

  • Plan d’action écrit, inhalateurs et technique vérifiés, vaccins.
  • Orientation vers un programme de réadaptation pulmonaire ou un programme MPOC dans la communauté, si disponible.
  • Suivi rapide après le congé ; programme d’oxygène à domicile si les critères sont remplis.

Pièges et perles

  • Un patient « qui ne s’améliore pas » utilise souvent mal son inhalateur.
  • Viser une SpO₂ trop haute chez le patient hypercapnique peut l’endormir.
  • Les corticostéroïdes inhalés seuls ne sont pas un traitement de la MPOC.
  • La prednisone prolongée affaiblit les muscles et nuit à la réadaptation.

Références

  • Bourbeau J, et al. 2023 Canadian Thoracic Society guideline on pharmacotherapy in patients with stable COPD. Can J Respir Crit Care Sleep Med 2023. doi:10.1080/24745332.2023.2231451 (publié aussi dans Chest 2023, doi:10.1016/j.chest.2023.08.014).
  • Marciniuk DD, et al. Optimizing pulmonary rehabilitation in chronic obstructive pulmonary disease: practical issues. A Canadian Thoracic Society clinical practice guideline. Can Respir J 2010;17(4):159-68.
  • Lindenauer PK, et al. Association between initiation of pulmonary rehabilitation after hospitalization for COPD and 1-year survival among Medicare beneficiaries. JAMA 2020;323(18):1813-23.

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