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Soins post-aigus › Cognition, humeur et motivation

Dépression et apathie en réadaptation

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En bref : Après un AVC, une fracture ou une longue hospitalisation, la tristesse, le découragement et le manque d’initiative sont fréquents et freinent la récupération. Il faut distinguer la dépression (humeur triste, perte de plaisir, culpabilité, désespoir), l'apathie (perte d’initiative et d’intérêt, sans tristesse marquée), le délirium hypoactif et la fatigue d’origine médicale. Chacun se traite différemment. Le dépistage se fait tôt et se répète pendant le séjour.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Idées de mort ou de suicide, plan, refus global de soins ou de nourriture : évaluer le risque suicidaire sans attendre.
  • Symptômes psychotiques (délire de ruine, de culpabilité) : dépression grave.
  • Somnolence, inattention, fluctuation : délirium hypoactif plutôt que dépression.
  • Perte de poids rapide, déshydratation liée au refus de manger.

✅ À faire maintenant

  • Dépister avec un outil validé selon le contexte (p. ex. PHQ-9 ou échelle de dépression gériatrique) et un entretien clinique.
  • Exclure un délirium (CAM ou 4AT) et chercher les causes médicales : douleur, hypothyroïdie, anémie, hyponatrémie, hypercalcémie, carence en B12, effets médicamenteux.
  • Revoir les médicaments qui peuvent causer apathie ou humeur dépressive (sédatifs, opioïdes, bêtabloquants à forte dose, corticostéroïdes à l’arrêt).
  • Demander aux thérapeutes et aux proches comment ils décrivent la participation et l’humeur.

En soins post-aigus

  • Dépression : soutien psychologique, activation comportementale, contacts sociaux ; antidépresseur si dépression modérée à grave ou si les symptômes persistent. Choix, doses et suivi : voir la fiche Dépression du sujet âgé.
  • Après un AVC : dépister la dépression de façon systématique, comme le recommande Cœur + AVC, et traiter si elle est confirmée.
  • Apathie : structurer la journée, proposer des activités qui ont du sens pour le patient, fixer des objectifs très courts et visibles ; les antidépresseurs ont peu d’effet sur l’apathie isolée.
  • Effets indésirables à surveiller sous ISRS : hyponatrémie, chutes, saignements (surtout avec anticoagulant ou AINS) ; réévaluer après quelques semaines.
  • Deuil des capacités perdues : normaliser, écouter, souligner les progrès ; la tristesse n’est pas toujours une maladie.

Effet sur la réadaptation

  • Les progrès en thérapie sont eux-mêmes un traitement : les rendre visibles (tableau d’objectifs, comparaison avec l’arrivée).
  • Physiothérapie et ergothérapie : objectifs que le patient choisit, activités signifiantes (retourner jardiner, voir ses petits-enfants), séances à l’heure où il est le plus disponible.
  • Psychologue ou travailleur social : soutien, adaptation à la perte, situation familiale et sociale.
  • Soins infirmiers : observation de l’humeur, du sommeil et de l’appétit ; repérage des idées suicidaires.
  • Loisirs et bénévoles selon les ressources de l’établissement : contacts sociaux, sortir de la chambre.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Risque suicidaire élevé, psychose ou refus de s’alimenter qui met la vie en danger : évaluation psychiatrique urgente, transfert selon la situation.
  • Avis en gérontopsychiatrie si dépression résistante, diagnostic incertain, trouble bipolaire, ou besoin d’un traitement spécialisé.
  • Délirium avec cause aiguë à traiter à l’hôpital : selon le niveau de soins.

Préparer le congé

  • Transmettre le diagnostic, le traitement et la date de réévaluation au médecin de famille.
  • Prévoir le soutien à domicile et les ressources communautaires pour briser l’isolement.
  • Informer le patient et les proches des signes de rechute et des ressources d’aide en cas de crise.

Pièges et perles

  • « Il ne veut pas » : manque de motivation peut être une dépression, une apathie, une douleur ou un délirium.
  • L’aphasie après un AVC rend le dépistage difficile : s’appuyer sur l’observation et des outils adaptés.
  • Commencer un antidépresseur sans plan de réévaluation mène à un traitement prolongé sans bénéfice.
  • Les idées suicidaires chez la personne âgée sont souvent passives : poser la question directement.

Références

  • Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées (CCSMH). Canadian Guidelines on the Prevention, Assessment and Treatment of Depression Among Older Adults: 2021 Guideline Update.
  • Lanctôt KL, et al. Canadian Stroke Best Practice Recommendations: Mood, Cognition and Fatigue following Stroke, 6th edition update 2019. Int J Stroke 2020;15(6):668-88.
  • Robert P, et al. Is it time to revise the diagnostic criteria for apathy in brain disorders? The 2018 international consensus group. Eur Psychiatry 2018;54:71-6.

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