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Soins post-aigus › Neurologie

Dépression après un AVC

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En bref : La dépression est fréquente après un AVC et nuit à la récupération : moins de participation, plus de chutes, séjour plus long. Elle est souvent manquée parce qu’elle se confond avec l’apathie, la fatigue, l’aphasie ou l’émotivité pseudobulbaire. Les recommandations canadiennes demandent un dépistage systématique avec un outil validé. Un antidépresseur est indiqué pour une dépression confirmée, pas pour améliorer la récupération motrice.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Idées suicidaires, désespoir, refus de s’alimenter ou des soins : voir la fiche Risque suicidaire.
  • Changement brusque de l’humeur ou de l’éveil : chercher un délirium, une récidive, une hyponatrémie, un médicament.
  • Arrêt de la participation aux thérapies sans raison claire.

✅ À faire maintenant

  • Dépister avec un outil validé que l’équipe connaît (par exemple PHQ-9 ou échelle gériatrique de dépression) ; adapter si aphasie (observation par l’équipe, outils pour personnes aphasiques).
  • Distinguer : dépression, apathie, fatigue post-AVC, émotivité pseudobulbaire (rires ou pleurs non contrôlés), trouble de l’adaptation.
  • Rechercher douleur, insomnie, hypothyroïdie, médicaments sédatifs (benzodiazépines, opioïdes).

En soins post-aigus

  • Traitement : antidépresseur pour une dépression confirmée ; un ISRS est le choix habituel chez la personne âgée. Doses : voir la fiche Dépression du sujet âgé.
  • Surveiller : hyponatrémie (surtout dans les premières semaines), saignement si antithrombotique associé, chutes, interactions (le pharmacien aide).
  • Durée : poursuivre après la rémission selon la fiche ; le suivi doit être prévu au congé.
  • Approche sans médicament : soutien psychologique, activités significatives, sommeil, contact avec les proches.
  • Émotivité pseudobulbaire : expliquer au patient et à l’équipe ; un ISRS peut réduire les épisodes.

Effet sur la réadaptation

  • Objectifs à court terme, concrets et visibles ; souligner les progrès.
  • Séances plus courtes et plus fréquentes si la fatigue domine.
  • Travail social et psychologie (selon le milieu) : deuil des capacités perdues, inquiétudes pour le retour à domicile.
  • Ergothérapie : activités qui ont du sens pour le patient.
  • L’équipe signale tout refus de thérapie, repli ou propos de découragement.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Urgence ou psychiatrie : risque suicidaire élevé, dépression avec traits psychotiques, refus de s’alimenter qui met la vie en danger, selon le niveau de soins.
  • Psychiatrie ou gérontopsychiatrie : réponse insuffisante à un traitement bien conduit, diagnostic incertain, bipolarité soupçonnée.

Patient et proches

  • Nommer la dépression comme une complication de l’AVC, qui se traite.
  • Les proches aidants sont eux aussi à risque de dépression : les orienter vers le soutien disponible.

Pièges et perles

  • La fluoxétine donnée pour améliorer la récupération motrice n’améliore pas le résultat fonctionnel et augmente les fractures (essai FOCUS).
  • L’apathie ne répond pas toujours à l’antidépresseur : penser stimulation, activités, et chercher une cause frontale ou sous-corticale.
  • Les pleurs ne veulent pas toujours dire dépression (émotivité pseudobulbaire).

Références

  • Lanctôt KL, et al. Canadian Stroke Best Practice Recommendations: Mood, Cognition and Fatigue following Stroke, 6th edition update 2019. Int J Stroke 2020;15(6):668-88.
  • Towfighi A, et al. Poststroke depression: a scientific statement for healthcare professionals from the AHA/ASA. Stroke 2017;48(2):e30-e43.
  • FOCUS Trial Collaboration. Effects of fluoxetine on functional outcomes after acute stroke (FOCUS). Lancet 2019;393(10168):265-74.

Pour aller plus loin