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Examen préparticipation sportive

Prévention et dépistageNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Traumatisme crânien et commotion · Syncope · Souffle cardiaque et valvulopathies · Asthme et bronchospasme · Examen de l’enfant et HEADSS · Arrêt de travail, certificats et formulaires

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En bref : L’examen préparticipation repose sur un questionnaire ciblé et un examen ciblé, surtout cardiovasculaire. Deux questions sont essentielles : syncope, douleur thoracique ou dyspnée inhabituelle à l’effort, et mort subite ou maladie cardiaque grave avant 60 ans chez un parent du 1er degré. La prise de position canadienne (Société canadienne de cardiologie et Société canadienne de rythmologie, 2019) ne recommande pas l’ECG systématique : on le demande selon l’anamnèse ou l’examen. Une syncope à l’effort impose l’arrêt du sport jusqu’à l’évaluation en cardiologie. On en profite pour revoir les commotions antérieures, l’asthme à l’effort, les vaccins et, chez l’adolescent, le HEADSS.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Syncope ou quasi-syncope pendant l’effort (pas après, en récupération) : arrêt du sport ; urgence le jour même si l’épisode est récent (moins de 7 jours), s’il y a eu une blessure, des palpitations, une douleur thoracique ou un ECG anormal ; sinon cardiologie rapide.
  • Douleur thoracique à l’effort récente ou en cours, ou douleur avec dyspnée, diaphorèse, ECG anormal : urgence (voir la fiche Douleur thoracique).
  • Palpitations soutenues avec malaise, FC au repos ≥ 150/min ou < 40/min avec symptômes : urgence et ECG.
  • TA ≥ 180/120 mm Hg avec céphalée, douleur thoracique, trouble visuel ou déficit : urgence (voir la fiche Urgence hypertensive).
  • Commotion récente avec signaux d’alarme : céphalée qui s’aggrave, vomissements répétés, somnolence, confusion, convulsion, déficit : urgence (voir la fiche Traumatisme crânien).
  • Bronchospasme grave (SpO₂ ≤ 92 %, parle en mots, tirage) : urgence (voir la fiche Asthme).

✅ À faire maintenant

  • Questionnaire rempli avant la visite (personnel et familial, cardiovasculaire, commotions, blessures, asthme, médicaments, suppléments, menstruations, alimentation).
  • Anamnèse cardiovasculaire personnelle : douleur ou malaise thoracique à l’effort ; syncope inexpliquée, surtout à l’effort ; dyspnée ou fatigue disproportionnée ; palpitations ; souffle ou TA élevée déjà notés.
  • Anamnèse familiale : mort subite ou inexpliquée (noyade, accident de voiture inexpliqué) avant 50–60 ans ; cardiomyopathie, QT long, Brugada, syndrome de Marfan, arythmie, défibrillateur implanté chez un parent.
  • Examen ciblé : TA aux deux bras (et pouls fémoraux : coarctation) ; auscultation couché et debout, avec Valsalva (souffle qui augmente debout ou en Valsalva : cardiomyopathie hypertrophique) ; signes de Marfan ; examen musculosquelettique ciblé sur les blessures antérieures ; acuité visuelle si non faite.
  • ECG seulement si l’anamnèse ou l’examen est anormal ; il doit être lu selon les critères internationaux propres à l’athlète.
  • Revoir les commotions antérieures (nombre, durée de la récupération, symptômes résiduels) et les blessures non guéries.
  • Adolescent : rencontre seul en partie, HEADSS, substances (stéroïdes anabolisants, stimulants, boissons énergisantes), alimentation, cycle menstruel.

💊 Premières ordonnances

  • Bronchospasme à l’effort, asthme connu ou soupçonné : salbutamol 100 µg/inh, 2 inh (200 µg) avec chambre d’espacement, 5 à 15 min avant l’effort (enfant et adulte). Si le besoin dépasse 2 fois par semaine ou s’il y a des symptômes hors de l’effort : traitement de fond (voir la fiche Asthme).
  • Cesser le sport jusqu’à l’avis en cardiologie : syncope à l’effort, douleur thoracique à l’effort, souffle suspect de cardiomyopathie hypertrophique, ECG anormal, ATCD familial de mort subite non évalué.
  • Cesser les stéroïdes anabolisants, les suppléments stimulants (éphédrine, synéphrine, DMAA) et la caféine à forte dose ; documenter.
  • Aucun médicament n’est nécessaire pour l’examen lui-même. Psychostimulant pour un TDAH chez un athlète de compétition : autorisation d’usage à des fins thérapeutiques selon les règles antidopage.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Syncope pendant l’effort ; douleur thoracique à l’effort ; palpitations soutenues avec malaise ; commotion avec signaux d’alarme

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

Évaluation

  • But : repérer une maladie qui expose à la mort subite ou à une blessure grave, et donner des conseils de prévention. L’examen ne garantit pas l’absence de risque.
  • Modèle d’anamnèse et d’examen : les 14 éléments de l’American Heart Association (antécédents personnels, familiaux et examen), repris par la Société canadienne de cardiologie.
  • Les deux questions clés : symptômes à l’effort (syncope, étourdissement grave, dyspnée inattendue, douleur thoracique) ; mort subite ou maladie cardiaque grave avant 60 ans chez un parent du 1er degré. Dire à l’athlète de signaler tout symptôme qui apparaît plus tard.
  • Syncope à distinguer : syncope vasovagale après l’effort (à l’arrêt, en récupération) souvent bénigne ; syncope pendant l’effort, sans prodrome, avec palpitations ou blessure : origine cardiaque jusqu’à preuve du contraire.
  • TA chez l’adolescent de 13 ans et plus : élevée 120–129/< 80, HTA de stade 1 130–139/80–89, stade 2 ≥ 140/90 (AAP 2017) ; chez l’enfant, comparer au 95e percentile. Reprendre la mesure avant de conclure.
  • Examen musculosquelettique : amplitude et force des articulations déjà blessées ; instabilité de l’épaule ou de la cheville ; scoliose.

Mort subite de l’athlète

  • Rare : environ 1 par 100 000 athlètes par année (de 0,4 à 3,6 selon les études). Chez 60 à 80 % des athlètes atteints, la mort subite est la première manifestation.
  • Causes chez le jeune : cardiomyopathie hypertrophique, cardiomyopathie arythmogène du ventricule droit, anomalie congénitale des coronaires, myocardite, canalopathies (QT long, Brugada), préexcitation (Wolff-Parkinson-White), dilatation aortique (Marfan), commotio cordis (coup au thorax). Après 35 ans : surtout coronaropathie.
  • ECG non systématique (Société canadienne de cardiologie et Société canadienne de rythmologie, 2019) : environ 2 à 4 % d’ECG anormaux demandent d’autres examens, mais 0,3 % seulement révèlent une maladie importante ; faux positifs, coût et lecture variable. Approche par étapes : anamnèse et examen, puis ECG ou autre test si indiqué, et cardiologue si anormal.
  • ECG normal chez l’athlète entraîné (sans autre examen s’il est asymptomatique) : bradycardie sinusale (même < 40/min), BAV du 1er degré, Mobitz I, repolarisation précoce, critère de voltage isolé d’HVG, ondes T négatives en V1–V3 avant 16 ans.
  • ECG anormal (à référer) : ondes T négatives en dérivations inférieures ou latérales, sous-décalage du ST, ondes Q pathologiques, bloc de branche gauche, préexcitation, QTc ≥ 470 ms (homme) ou ≥ 480 ms (femme), Brugada de type 1.
  • Prévention : plan d’urgence de l’équipe, défibrillateur externe automatisé accessible, formation à la RCR des entraîneurs.

Commotion, asthme et autres situations

  • Commotion : tout athlète soupçonné d’une commotion est retiré du jeu le jour même. Retour à l’école d’abord, puis retour au sport par étapes ; autorisation médicale avant les activités avec contact (voir la fiche Traumatisme crânien et le protocole québécois de gestion des commotions cérébrales).
  • Plusieurs commotions, des commotions de plus en plus faciles ou une récupération de plus en plus longue : discuter d’un sport sans contact.
  • Bronchospasme à l’effort : toux, sifflement, oppression ou dyspnée 5 à 15 min après le début de l’effort, ou après l’arrêt ; pire à l’air froid et sec (hockey, ski de fond). Le salbutamol inhalé est permis aux doses thérapeutiques par les règles antidopage.
  • Mononucléose : pas de sport pendant au moins 3 semaines (voir la fiche Mal de gorge).
  • Organe unique (œil, rein, testicule) : discuter des sports de contact et des protections (lunettes de protection, coquille).
  • Diabète de type 1 et épilepsie : participation habituellement possible avec un plan (glycémie, collations, ne pas nager seul).

Adolescent et certificat

  • Adolescent : bon moment pour le HEADSS, les vaccins (dont dcaT et VPH), la contraception, la santé mentale et l’usage de substances.
  • Déficit énergétique relatif dans le sport (ancienne triade de l’athlète) : apport insuffisant, troubles menstruels, faible densité osseuse, fractures de stress ; garçons aussi touchés. Questionner l’alimentation et la pression du poids (danse, gymnastique, course, sports à catégories de poids).
  • Certificat : il atteste qu’aucune contre-indication n’a été décelée à l’examen ; il ne garantit pas l’absence de risque. Écrire clairement : apte, apte avec conditions (p. ex. salbutamol avant l’effort, protection), ou inapte en attente d’évaluation.
  • Un examen n’est utile que s’il peut changer la conduite ; ne pas répéter l’examen complet chaque année chez un jeune en santé déjà évalué, sauf exigence de l’organisation. Des frais peuvent s’appliquer au formulaire demandé par un tiers (voir la fiche Certificats et formulaires).

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceSyncope pendant l’effort récente (moins de 7 jours), avec blessure, palpitations, douleur thoracique ou ECG anormal — ECG et monitorage
  • UrgenceDouleur thoracique à l’effort récente ou en cours, ou avec dyspnée ou diaphorèse
  • UrgencePalpitations soutenues avec malaise, FC ≥ 150/min ou < 40/min avec symptômes
  • UrgenceCommotion avec signaux d’alarme (aggravation de la céphalée, vomissements répétés, somnolence, convulsion, déficit)

Consulter en cardiologie (pédiatrique avant 18 ans) si :

Arrêt du sport de compétition en attendant l’avis écrit du cardiologue.

  • RapideSyncope à l’effort stable, douleur thoracique à l’effort ou dyspnée disproportionnée — consultation rapide, priorité B
  • RapideECG anormal selon les critères de l’athlète (ondes T négatives inférieures ou latérales, sous-décalage du ST, préexcitation, QTc ≥ 470 ms chez l’homme ou ≥ 480 ms chez la femme, Brugada de type 1, bloc de branche gauche) — priorité B ou C
  • RapideSouffle qui augmente debout ou en Valsalva, ou signes de Marfan — priorité C
  • ÉlectifParent du 1er degré avec mort subite avant 50–60 ans, cardiomyopathie ou canalopathie, athlète asymptomatique avec examen normal — priorité D
  • ÉlectifSouffle probablement fonctionnel avec doute persistant — priorité D ou E

À préparer : description précise des symptômes (pendant ou après l’effort, prodromes) ; arbre familial (âge et cause des décès) ; TA aux deux bras ; auscultation couché, debout et en Valsalva ; ECG à 12 dérivations ; sport pratiqué et niveau ; médicaments, suppléments et substances.

Suivi

  • Athlète sans anomalie : aucun suivi ; signaler tout symptôme à l’effort (syncope, douleur thoracique, palpitations, dyspnée inhabituelle) dès qu’il apparaît.
  • TA élevée : reprendre à 2 ou 3 visites (mesure correcte, brassard adapté) avant de conclure ; l’HTA de stade 1 ne limite pas le sport ; HTA de stade 2 : limiter les sports très statiques (haltérophilie) jusqu’à l’évaluation et au contrôle.
  • Bronchospasme à l’effort : revoir en 4 à 6 semaines pour juger l’effet du salbutamol et la maîtrise de l’asthme.
  • Référence en cardiologie : retour au sport seulement après l’avis écrit du cardiologue.
  • Commotion : suivi selon les étapes de retour ; revoir si les symptômes durent plus de 4 semaines (enfant et adolescent) ou s’aggravent.

Pièges et perles

  • Une syncope pendant l’effort n’est pas vasovagale tant qu’on n’a pas exclu une cause cardiaque.
  • Un souffle qui augmente debout ou en Valsalva et diminue en accroupissement évoque une cardiomyopathie hypertrophique.
  • Ne pas demander d’ECG à tous : les faux positifs entraînent des exclusions et des examens inutiles ; un ECG normal ne rassure pas devant un symptôme à l’effort.
  • Demander précisément les décès « accidentels » chez les jeunes de la famille (noyade, accident de voiture seul) : ce peut être une arythmie.
  • Un asthme à l’effort qui ne répond pas au salbutamol, avec stridor inspiratoire, fait penser à une dysfonction des cordes vocales.
  • L’athlète minimise souvent ses symptômes pour jouer : poser les questions directement, sans l’entraîneur.

Références