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CHSLD et soins palliatifs › Clientèles particulières

Unité prothétique (TNC grave)

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En bref : L’unité prothétique est un milieu à accès contrôlé, à l’environnement adapté, pour des résidents atteints de TNC grave qui marchent et sont à risque d’errance ou de fugue. Elle vise à leur laisser la liberté de circuler en sécurité, avec moins de contentions et de médicaments. Le médecin y gère surtout les SCPD, les chutes, les conflits entre résidents et la réévaluation régulière de la pertinence du séjour.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Agitation ou agressivité nouvelle : douleur, globe, fécalome, infection, délirium, médicament (voir « Délirium » et « SCPD »).
  • Agression entre résidents ou comportement sexuel envers un autre résident.
  • Fugue, chute avec blessure, perte de poids rapide (déambulation qui brûle des calories).
  • Somnolence, chutes ou parkinsonisme après l’ajout d’un antipsychotique ou d’une benzodiazépine.

✅ À faire maintenant

  • Décrire le comportement (quoi, quand, avec qui, déclencheur) avec l’équipe ; grille d’observation si le comportement persiste.
  • Chercher une cause physique et médicamenteuse avant tout nouveau psychotrope.
  • Assurer la sécurité des autres résidents ; séparer et accompagner plutôt que contenir.
  • Vérifier le niveau de soins (AH-744) et aviser le représentant.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BRare en unité prothétique. Transfert seulement si la cause médicale l’exige ; un transfert pour un trouble du comportement aggrave souvent le délirium.
CLe plus fréquent : traiter la cause sur place, approche non pharmacologique, consultation en gérontopsychiatrie au besoin.
DConfort ; quand le résident ne marche plus ou devient grabataire, revoir son orientation vers une autre unité selon les critères de l’établissement.

Prise en charge

  • Approche non pharmacologique d’abord : histoire de vie, routines, activités significatives, musique, présence des proches, environnement calme et lisible ; plan d’intervention écrit et partagé avec tous les quarts.
  • Antipsychotique : seulement pour un danger ou une détresse importante qui persiste, à faible dose, avec réévaluation et tentative de sevrage (voir « Antipsychotiques en démence »).
  • Éviter : benzodiazépines, anticholinergiques et contentions (voir « Mesures de contrôle »).
  • Accès contrôlé : selon le protocole de l’établissement sur les mesures de contrôle, une porte verrouillée qui empêche de sortir peut être considérée comme une forme d’isolement. Documenter le consentement du représentant et la réévaluation.
  • Nutrition : collations et repas « à emporter » pour le résident qui déambule ; pesée régulière.
  • Chutes : plan de prévention (voir « Chutes à répétition »).
  • Sexualité : évaluer la capacité à consentir de chacun ; ni interdiction automatique ni banalisation ; en discuter en équipe.

Famille, déclaration et suivi

  • Expliquer au représentant le but de l’unité : liberté de mouvement et sécurité.
  • Agression entre résidents, blessure ou fugue : déclarer sur le formulaire AH-223-1 ; divulguer au représentant s’il y a des conséquences.
  • Maltraitance soupçonnée (y compris entre résidents ou par un proche) : le signalement au commissaire aux plaintes et à la qualité des services est obligatoire pour un résident de CHSLD (Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité).
  • Revoir le plan d’intervention et la médication à intervalle régulier et à chaque changement.

Pièges et perles

  • La déambulation n’est pas un problème à traiter si elle est sécuritaire.
  • Un résident qui « frappe pendant les soins » a souvent mal ou a peur : revoir l’approche aux soins et l’analgésie.
  • Un antipsychotique commencé pour une crise est souvent oublié : prévoir sa date de réévaluation.

Références

  • MSSS. Processus clinique visant le traitement des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (2014).
  • MSSS. Cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle : contention, isolement et substances chimiques (2015).
  • Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choosing Wisely Canada — Long-Term Care (mise à jour 2025).
  • Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, RLRQ c. L-6.3.

Pour aller plus loin