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CHSLD et soins palliatifs › Clientèles particulières

Résidents allophones, autochtones ou d’autres cultures

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En bref : Un résident qui ne parle pas la langue de l’équipe, ou qui vient d’une autre culture, risque d’être mal évalué : douleur, délirium, dépression et aptitude sont plus souvent manqués. Deux outils changent la donne : un interprète professionnel et la question simple « qu’est-ce qui est important pour vous ? ». Pour les Premières Nations et les Inuit, la sécurisation culturelle est une obligation légale au Québec depuis 2024.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Agitation ou retrait chez un résident qui ne peut pas se faire comprendre : douleur, besoin non comblé, peur.
  • Résident atteint de TNC qui perd sa langue seconde et revient à sa langue maternelle.
  • Réactivation d’un traumatisme (guerre, exil, pensionnat) aux soins intimes, à l’enfermement ou au contact d’uniformes.
  • Décision importante (niveau de soins, consentement, AMM) prise sans interprète.

✅ À faire maintenant

  • Utiliser un interprète professionnel (en personne, téléphone ou vidéo) selon le service de l’établissement ; éviter que les enfants ou le personnel non formé interprètent.
  • Noter au dossier la langue, le besoin d’interprète et la personne qui a interprété.
  • Demander au résident comment il veut recevoir l’information et qui doit participer aux décisions.
  • Évaluer la douleur avec une échelle d’observation si la communication est limitée.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BDiscussion du niveau de soins avec interprète ; certaines familles valorisent tous les traitements possibles : explorer leurs raisons et leurs craintes.
CExpliquer ce qui peut être fait sur place ; s’assurer que « confort » n’est pas compris comme « abandon ».
DIntégrer rites, prières, alimentation et présence de la communauté dans le plan de confort (voir « Soins après le décès et rituels culturels »).

Le consentement au formulaire AH-744 n’est valide que si le résident ou son représentant a compris l’information, d’où l’interprète.

Prise en charge

  • Humilité culturelle : ne pas présumer selon l’origine ou la religion ; demander les préférences (soins par une personne du même sexe, pudeur, alimentation, jeûne, prière, médecines traditionnelles).
  • Information et décision : certaines familles souhaitent filtrer les mauvaises nouvelles. Demander au résident apte ce qu’il veut savoir ; il peut désigner une personne pour recevoir l’information.
  • Cognition : les tests de dépistage habituels sont biaisés par la langue et la scolarité ; interpréter avec prudence, utiliser un outil adapté et l’histoire de la famille.
  • Médicaments : demander les produits naturels et remèdes apportés par la famille (interactions).
  • Premières Nations et Inuit : agent de liaison ou navigateur autochtone si disponible ; respect des pratiques traditionnelles ; lien avec la communauté et son centre de santé.
  • Personnes réfugiées : penser au TSPT, aux maladies infectieuses latentes et à l’isolement social (voir la fiche Santé des immigrants et des réfugiés).
  • Repas et activités : aliments familiers, musique, radio ou télévision dans sa langue, bénévoles ou organismes communautaires de sa culture.

Famille et suivi

  • La famille élargie peut jouer un grand rôle : clarifier qui est le représentant légal (art. 15 C.c.Q.) et qui la famille souhaite voir participer.
  • Prévoir l’interprète d’avance pour les rencontres de famille.
  • Plainte ou expérience de discrimination : orienter vers le commissaire aux plaintes et à la qualité des services, et vers les ressources d’accompagnement autochtones s’il y a lieu.

Pièges et perles

  • Un résident qui « fait oui de la tête » n’a pas forcément compris.
  • Un proche interprète peut omettre, adoucir ou orienter l’information, souvent de bonne foi.
  • L’expression de la douleur varie selon les cultures : une plainte discrète n’est pas une douleur légère.
  • Pour beaucoup d’aînés autochtones, l’hébergement loin de leur communauté rappelle les pensionnats.

Références

  • Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux, L.Q. 2024, c. 42.
  • Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (Commission Viens). Rapport final (2019).
  • Karliner LS, et al. Do professional interpreters improve clinical care for patients with limited English proficiency? A systematic review of the literature. Health Serv Res 2007;42(2):727-54.
  • Pottie K, et al. Evidence-based clinical guidelines for immigrants and refugees. CMAJ 2011;183(12):E824-925.

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