Dr .omni

CHSLD et soins palliatifs â€ș Neurocognitif et santĂ© mentale

SCPD

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En bref : Les symptĂŽmes comportementaux et psychologiques de la dĂ©mence (SCPD) expriment souvent un besoin non comblĂ© : douleur, faim, toilette, peur, ennui, bruit. On cherche d’abord une cause physique ou un dĂ©lirium. L'approche non pharmacologique, individualisĂ©e et faite en Ă©quipe, est le traitement de base. Un antipsychotique n’est pas un traitement de 1re intention (Choisir avec soin, INESSS 2017).

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Changement aigu par rapport Ă  l’état de base, inattention, somnolence : dĂ©lirium jusqu’à preuve du contraire.
  • FiĂšvre, hypoxĂ©mie, signes vitaux anormaux, chute rĂ©cente avec trauma crĂąnien.
  • Danger immĂ©diat pour le rĂ©sident ou les autres (agression physique grave, fugue Ă  risque).
  • RigiditĂ©, fiĂšvre et confusion sous antipsychotique : syndrome malin des neuroleptiques.

✅ À faire maintenant

  • DĂ©crire le comportement : quoi, quand, avec qui, pendant quel soin, depuis quand (grille d’observation selon le protocole de l’établissement).
  • Chercher une cause : douleur, globe vĂ©sical, fĂ©calome, infection, faim ou soif, dĂ©ficit visuel ou auditif, sommeil perturbĂ©.
  • Revoir les mĂ©dicaments rĂ©cents (nouveau, dose augmentĂ©e, arrĂȘt brusque) et la charge anticholinergique.
  • SĂ©curiser sans contention : diminuer les stimulations, reporter le soin, changer d’intervenant.
  • Essai d’analgĂ©sie rĂ©guliĂšre (acĂ©taminophĂšne) si une douleur est possible.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BPrise en charge sur place. Transfert seulement si une cause mĂ©dicale l’exige (p. ex. trauma crĂąnien sous anticoagulant) ; le transfert aggrave souvent les SCPD.
CTraiter la cause sur place (analgĂ©sie, dĂ©simpaction, antibiotique PO si infection prouvĂ©e) et poursuivre l’approche non pharmacologique.
DConfort : soulager la douleur, la dĂ©tresse et l’anxiĂ©tĂ© ; voir les soins de fin de vie si l’agitation est terminale.

Prise en charge au CHSLD

Approche non pharmacologique (base du traitement)

  • Plan d’intervention interdisciplinaire : soins infirmiers, prĂ©posĂ©s, ergothĂ©rapie, travail social, pharmacien, famille.
  • Approche centrĂ©e sur la personne : histoire de vie, routines, prĂ©fĂ©rences ; adapter les soins d’hygiĂšne (moment, intervenant, façon de faire).
  • ActivitĂ©s significatives, musique personnalisĂ©e, contact avec les proches ; formation et soutien de l’équipe.

MĂ©dicament : seulement si dĂ©tresse ou danger persistants malgrĂ© l’approche non pharmacologique

  • AgressivitĂ© ou psychose avec danger : antipsychotique Ă  faible dose, pour une courte durĂ©e, aprĂšs discussion des risques avec le rĂ©sident ou son reprĂ©sentant (INESSS 2017). Choix et doses : voir les situations « Antipsychotiques en dĂ©mence » et la fiche Antipsychotiques.
  • Agitation modĂ©rĂ©e (Alzheimer, TNC vasculaire ou mixte) : le citalopram est une option selon la CCSMH (2024) ; prudence avec le QT.
  • DĂ©mence Ă  corps de Lewy ou Parkinson : pas d’halopĂ©ridol ; voir la situation « Parkinson et dĂ©mence Ă  corps de Lewy ».
  • BenzodiazĂ©pines : Ă  Ă©viter (chutes, dĂ©lirium, sĂ©dation), sauf situation ponctuelle ou fin de vie.
  • Réévaluer l’effet et les effets indĂ©sirables rĂ©guliĂšrement ; changer d’option si pas d’effet aprĂšs environ 8 semaines (CCSMH 2024).

Famille, déclaration et suivi

  • Expliquer que le comportement est un message et que le plan vise d’abord le besoin derriĂšre ce comportement.
  • Obtenir le consentement du reprĂ©sentant avant un antipsychotique ; documenter les bĂ©nĂ©fices attendus, les risques et la date de réévaluation.
  • Agression causant une blessure ou chute : dĂ©claration sur le formulaire AH-223.
  • Persistance malgrĂ© le plan : consulter l’équipe SCPD, la gĂ©rontopsychiatrie ou le pharmacien selon l’offre locale.

PiĂšges et perles

  • L’errance, les cris rĂ©pĂ©titifs, le refus de soins et l’apathie rĂ©pondent peu ou pas aux antipsychotiques.
  • La douleur non reconnue est une cause frĂ©quente d’agitation chez le rĂ©sident qui ne peut pas la nommer.
  • Une contention augmente l’agitation et les blessures : ce n’est pas une solution aux SCPD.
  • Un mĂ©dicament « au besoin » sans critĂšre clair devient vite un usage rĂ©gulier : prĂ©ciser l’indication et la limite.

Références

  • INESSS. Usage optimal des antipsychotiques et prise en charge non pharmacologique des SCPD chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs qui rĂ©sident en CHSLD. Avis, dĂ©cembre 2017.
  • Hatch S, Seitz DP, Bruneau M-A, et al. The CCSMH Canadian Clinical Practice Guidelines for Assessing and Managing Behavioural and Psychological Symptoms of Dementia (BPSD). Can Geriatr J 2025;28(1). (Lignes directrices CCSMH, mars 2024.)
  • Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choisir avec soin Canada — Soins de longue durĂ©e. Mise Ă  jour 2025.
  • MSSS. Processus clinique visant le traitement des symptĂŽmes comportementaux et psychologiques de la dĂ©mence. AoĂ»t 2014 (14-829-05W).

Pour aller plus loin