Dr .omni

CHSLD et soins palliatifs â€ș Éthique, lĂ©gal et communication

Refus de soins

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En bref : En CHSLD, le refus prend deux formes. Le rĂ©sident apte peut refuser tout soin, mĂȘme vital : on s’assure qu’il est informĂ©, on respecte et on documente. Le rĂ©sident inapte qui s’oppose (refus de mĂ©dicament, de toilette, de prise de sang) demande d’abord une approche adaptĂ©e. S’il s’agit d’un refus catĂ©gorique de soins requis, l’autorisation du tribunal est nĂ©cessaire, sauf urgence ou soins d’hygiĂšne.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Refus nouveau chez un rĂ©sident qui collaborait : dĂ©lirium, douleur, dĂ©pression, effet indĂ©sirable, conflit avec un soignant.
  • Refus de manger ou de boire : dysphagie, douleur buccale, constipation, fin de vie, ou volontĂ© exprimĂ©e.
  • Refus d’un traitement vital (insuline, anticoagulant, antibiotique) par un rĂ©sident dont l’aptitude est douteuse.

✅ À faire maintenant

  • Comprendre le refus : demander pourquoi ; chercher la cause mĂ©dicale ou relationnelle.
  • Évaluer l’aptitude pour cette dĂ©cision (voir « Aptitude et consentement substituĂ© »).
  • Apte : expliquer les consĂ©quences, proposer des options, vĂ©rifier que le choix est constant ; respecter.
  • Inapte : impliquer le reprĂ©sentant ; adapter l’approche (autre moment, autre soignant, autre forme du mĂ©dicament).
  • Documenter : information donnĂ©e, aptitude, motifs, options offertes, dĂ©cision.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BLe refus d’un rĂ©sident apte l’emporte sur le niveau de soins ; revoir le niveau avec lui.
CRevoir si le soin refusĂ© est encore utile ; souvent, il peut ĂȘtre retirĂ© du plan.
DNe garder que ce qui soulage. Un soin refusĂ© qui n’apporte pas de confort peut simplement ĂȘtre cessĂ©.

RĂ©sident inapte qui s’oppose

  • RĂ©duire les soins : dĂ©prescrire ; espacer les prises de sang ; ne garder que l’essentiel.
  • Adapter : forme liquide ou transdermique, horaire, soignant connu, approche des SCPD.
  • MĂ©dication Ă  l’insu : cacher un mĂ©dicament dans la nourriture est un soin sans consentement ; seulement avec le consentement du reprĂ©sentant, une dĂ©cision d’équipe documentĂ©e et selon la politique de l’établissement ; jamais pour un refus catĂ©gorique sans autorisation.
  • Refus catĂ©gorique de soins requis jugĂ©s nĂ©cessaires : en parler avec le reprĂ©sentant et l’équipe, consulter le contentieux de l’établissement pour une demande d’autorisation de soins (art. 16 C.c.Q.).
  • Urgence : si la vie est en danger et que le consentement ne peut ĂȘtre obtenu Ă  temps, les soins peuvent ĂȘtre donnĂ©s (art. 13 C.c.Q.), sauf s’ils sont inusitĂ©s, inutiles ou aux consĂ©quences intolĂ©rables.

Famille et suivi

  • La famille ne peut pas imposer un soin Ă  un rĂ©sident apte qui le refuse.
  • Le reprĂ©sentant d’un rĂ©sident inapte peut aussi refuser un soin ; il doit agir dans l’intĂ©rĂȘt du rĂ©sident et selon ses volontĂ©s connues.
  • Réévaluer : un refus peut changer, et la porte doit rester ouverte.

PiĂšges et perles

  • Un refus jugĂ© « dĂ©raisonnable » n’est pas un signe d’inaptitude.
  • La contention ou la force pour un soin non urgent sans autorisation expose Ă  des recours.
  • Beaucoup de refus disparaissent quand on traite la douleur ou le dĂ©lirium.

Références

  • Code civil du QuĂ©bec, art. 11 Ă  16 (consentement aux soins, urgence, autorisation du tribunal).
  • Curateur public du QuĂ©bec. RĂšgles de consentement aux soins pour une personne majeure (fiche, sept. 2023).
  • Nancy B. c. HĂŽtel-Dieu de QuĂ©bec, [1992] R.J.Q. 361 (C.S.) : droit de la personne apte de refuser un traitement vital.
  • Institut Philippe-Pinel de MontrĂ©al c. G. (A.), [1994] R.J.Q. 2523 (C.A.).

Pour aller plus loin