En bref : Les conflits en CHSLD viennent souvent de la peur, de la culpabilitĂ© liĂ©e Ă lâhĂ©bergement, dâun manque dâinformation ou de soins vĂ©cus comme insuffisants. Une rencontre tĂŽt, lâĂ©coute et un plan clair rĂšglent la plupart des situations. Le rĂ©sident et ses proches ont le droit de porter plainte au commissaire aux plaintes et Ă la qualitĂ© des services ; une plainte qui vise un mĂ©decin est examinĂ©e par le mĂ©decin examinateur.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Menaces, intimidation ou violence envers le personnel : sĂ©curitĂ© dâabord, selon la politique de lâĂ©tablissement.
- Soupçon de maltraitance (dâun proche, dâun soignant ou dâun autre rĂ©sident) : signalement obligatoire pour un rĂ©sident de CHSLD.
- Proche qui conteste chaque dĂ©cision ou multiplie les appels : besoin dâun plan dâĂ©quipe et dâun interlocuteur unique.
- Désaccord grave sur le niveau de soins ou la fin de vie.
â Ă faire maintenant
- Ăcouter sans interrompre ; reconnaĂźtre lâĂ©motion (« Je vois que vous ĂȘtes inquiet ») avant dâexpliquer.
- SĂ©parer les faits des perceptions ; vĂ©rifier ce qui sâest rĂ©ellement passĂ© auprĂšs de lâĂ©quipe.
- Proposer une rencontre structurĂ©e avec lâĂ©quipe (voir « Rencontre avec la famille »).
- Informer, sans détour, du droit de porter plainte et des recours, si la personne reste insatisfaite.
- Documenter de façon factuelle les échanges et les engagements pris.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A â B | Une famille qui juge les soins insuffisants : revoir si le niveau reflĂšte encore les volontĂ©s du rĂ©sident ; expliquer ce quâun transfert apporterait. |
| C | DĂ©tailler ce qui est fait sur place ; une rencontre Ă©vite souvent un transfert demandĂ© sous le coup de lâangoisse. |
| D | Le conflit porte souvent sur lâalimentation, lâhydratation ou la sĂ©dation : expliquer le but de chaque soin de confort. |
Plaintes et signalements
- Commissaire aux plaintes et à la qualité des services : reçoit les plaintes, verbales ou écrites, et y répond dans les 45 jours. Recours ensuite au Protecteur du citoyen.
- Plainte visant un médecin : transmise au médecin examinateur, qui conclut dans les 45 jours ; recours au comité de révision dans les 60 jours.
- Aide : le centre dâassistance et dâaccompagnement aux plaintes (CAAP) de la rĂ©gion ; le comitĂ© des usagers et le comitĂ© de rĂ©sidents.
- Maltraitance : pour un résident de CHSLD ou un majeur inapte, tout professionnel qui a un motif raisonnable de croire à de la maltraitance doit la signaler au commissaire aux plaintes (Loi visant à lutter contre la maltraitance). Le signalement de bonne foi est protégé.
- Le mĂ©decin visĂ© collabore Ă lâexamen et rĂ©pond aux faits ; il ne contacte pas le plaignant pour le dissuader.
Communication difficile au quotidien
- DĂ©signer un interlocuteur principal dans la famille et dans lâĂ©quipe ; prĂ©voir des points dâinformation rĂ©guliers.
- Fixer des limites claires et respectueuses (horaires dâappels, comportements acceptables), appliquĂ©es par toute lâĂ©quipe.
- ReconnaĂźtre une erreur quand il y en a une, et dire ce qui sera fait.
- ComitĂ© dâĂ©thique clinique en cas de conflit de valeurs persistant.
PiĂšges et perles
- DĂ©fendre lâĂ©quipe avant dâavoir Ă©coutĂ© fait monter le conflit.
- Une plainte est un droit, pas une attaque : elle peut améliorer les soins.
- DerriĂšre la famille « exigeante », chercher lâĂ©puisement, la culpabilitĂ© ou un deuil anticipĂ©.
- Ne jamais rĂ©duire les soins ou les visites dâun rĂ©sident en reprĂ©sailles Ă une plainte.
Références
- Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aßnés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité (RLRQ, c. L-6.3), modifiée en 2022.
- Loi sur la gouvernance du systĂšme de santĂ© et de services sociaux (LGSSSS, RLRQ, c. G-1.021), qui remplace la LSSSS : rĂ©gime dâexamen des plaintes.
- Ăducaloi. Porter plainte Ă lâĂ©gard des services de santĂ© et des services sociaux (mise Ă jour juin 2026) : dĂ©lais de 45 jours (commissaire, mĂ©decin examinateur).
- Lautrette A, et al. A communication strategy and brochure for relatives of patients dying in the ICU. N Engl J Med 2007;356(5):469-78.