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CHSLD et soins palliatifs â€ș Éthique, lĂ©gal et communication

Maltraitance : signalement obligatoire

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En bref : Pour un rĂ©sident de CHSLD, tout professionnel (mĂ©decin compris) qui a un motif raisonnable de croire qu’il subit de la maltraitance doit la signaler sans dĂ©lai au commissaire aux plaintes et Ă  la qualitĂ© des services (Loi visant Ă  lutter contre la maltraitance, art. 21). L’obligation s’applique mĂȘme au secret professionnel et sans le consentement du rĂ©sident. On n’a pas besoin d’une preuve : le doute raisonnable suffit. On n’enquĂȘte pas soi-mĂȘme ; on protĂšge, on documente et on signale.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • LĂ©sions inexpliquĂ©es ou incompatibles avec l’explication donnĂ©e : ecchymoses de formes ou d’ñges diffĂ©rents, aux bras, au visage, au thorax, aux cuisses internes ; brĂ»lures, fractures sans chute rapportĂ©e.
  • LĂ©sions gĂ©nitales ou anales, ITS, saignement vaginal ou rectal inexpliquĂ© : soupçon d’agression sexuelle.
  • NĂ©gligence : plaies de pression Ă©vitables, dĂ©shydratation, perte de poids, hygiĂšne nĂ©gligĂ©e, appels non rĂ©pondus, mĂ©dicaments omis.
  • Peur, retrait ou agitation en prĂ©sence d’une personne prĂ©cise ; proche qui empĂȘche le rĂ©sident de parler seul au personnel.
  • Maltraitance financiĂšre : achats ou retraits inhabituels, biens qui disparaissent, pression pour signer une procuration ou un testament.
  • Contention, isolement ou mĂ©dicament sĂ©datif utilisĂ©s hors du protocole de l’établissement.

✅ À faire maintenant

  • SĂ©curitĂ© d’abord : danger immĂ©diat ou acte criminel en cours, faire le 911 ; avec l’équipe, Ă©loigner le rĂ©sident de la personne soupçonnĂ©e.
  • Examiner et soigner les blessures ; voir la situation Chute ou LacĂ©ration au besoin.
  • Rencontrer le rĂ©sident seul si possible ; noter ses mots exacts, sans questions suggestives.
  • Signaler sans dĂ©lai au commissaire aux plaintes, selon la politique de l’établissement ; aviser le gestionnaire du service.
  • Demander une Ă©valuation en travail social.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si une blessure le requiert (fracture, trauma crĂąnien sous anticoagulant). Le signalement se fait quand mĂȘme, en parallĂšle.
CSoigner sur place ; transfert si le confort l’exige. Signaler.
DLe niveau de soins ne change pas l’obligation : un rĂ©sident en fin de vie a droit Ă  la mĂȘme protection. Signaler.

Si la personne soupçonnĂ©e est le reprĂ©sentant, ses dĂ©cisions de soins doivent ĂȘtre revues avec le travail social et le commissaire ; le Curateur public peut ĂȘtre consultĂ©.

Signalement : ce que dit la loi

  • Qui est visĂ© : tout usager hĂ©bergĂ© en CHSLD ; aussi les usagers en RI ou RTF, les majeurs sous tutelle ou avec mandat de protection homologuĂ©, les majeurs dont l’inaptitude a Ă©tĂ© constatĂ©e par une Ă©valuation mĂ©dicale, et les personnes vulnĂ©rables en RPA.
  • Maltraitance : un geste, une parole, une attitude ou un dĂ©faut d’action appropriĂ©e, isolĂ© ou rĂ©pĂ©tĂ©, dans une relation de confiance, qui cause du tort ou de la dĂ©tresse, intentionnellement ou non (art. 2). Elle peut venir d’un proche, d’un soignant ou d’un bĂ©nĂ©vole.
  • Protection du signalant : identitĂ© confidentielle (art. 22.1), interdiction des reprĂ©sailles (art. 22.2), aucune poursuite pour un signalement de bonne foi (art. 22.3).
  • Ne pas signaler dans les cas obligatoires est une infraction pĂ©nale ; maltraiter un rĂ©sident de CHSLD dans l’exercice de ses fonctions l’est aussi (art. 21.1).
  • Doute sur le motif raisonnable : consulter la Ligne Aide Maltraitance Adultes AĂźnĂ©s (1 888 489-2287) ou l’intervenant dĂ©signĂ© de l’établissement. Dans le doute, signaler.
  • Agression entre rĂ©sidents : dĂ©clarer l’évĂ©nement sur le formulaire AH-223-1. Si le geste correspond Ă  la dĂ©finition de la maltraitance (relation oĂč il devrait y avoir de la confiance), le signalement au commissaire s’applique ; en cas de doute, suivre la politique de l’établissement et consulter le commissaire ou l’intervenant dĂ©signĂ©. Chercher une cause mĂ©dicale chez l’agresseur (douleur, dĂ©lirium, SCPD).

Documentation et suivi

  • Note factuelle : date et heure, qui a rapportĂ© quoi, mots exacts du rĂ©sident, description et mesure des lĂ©sions, schĂ©ma ; photos selon le protocole de l’établissement.
  • Noter au dossier la date du signalement et Ă  qui il a Ă©tĂ© fait.
  • Ne pas confronter la personne soupçonnĂ©e ; l’enquĂȘte relĂšve du commissaire, et au besoin de la police.
  • Agression sexuelle rĂ©cente : discuter avec le commissaire et la police avant de laver le rĂ©sident ou de jeter ses vĂȘtements, selon le niveau de soins et le confort.
  • Revoir le plan de soins avec l’équipe : surveillance, visites encadrĂ©es si dĂ©cidĂ©, réévaluation des blessures.

PiĂšges et perles

  • Attendre d’ĂȘtre certain : la loi demande un motif raisonnable, pas une preuve.
  • « Il a un TNC, il confond » : la parole d’un rĂ©sident atteint de TNC doit ĂȘtre prise au sĂ©rieux et documentĂ©e.
  • L’anticoagulant et la peau fragile expliquent des ecchymoses, pas toutes : regarder le siĂšge, la forme et le contexte.
  • La nĂ©gligence et la maltraitance organisationnelle (manque de soins, contentions inadĂ©quates) sont aussi de la maltraitance.
  • Le secret professionnel ne dispense pas du signalement obligatoire.

Références

  • Loi visant Ă  lutter contre la maltraitance envers les aĂźnĂ©s et toute autre personne majeure en situation de vulnĂ©rabilitĂ© (RLRQ, c. L-6.3), art. 2, 21, 21.1, 22.1 Ă  22.3 ; modifiĂ©e en 2022.
  • MSSS. Principaux changements apportĂ©s Ă  la Loi visant Ă  lutter contre la maltraitance (2022).
  • CISSS de Laval. Aide-mĂ©moire maltraitance pour les mĂ©decins et fiche Signalement en matiĂšre de maltraitance (2021, mise Ă  jour 2025).
  • Formulaire AH-223-1 (dĂ©claration d’incident ou d’accident), MSSS.

Pour aller plus loin