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CHSLD et soins palliatifs › Peau et plaies

Kératoses et lésions cutanées suspectes

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En bref : Les lésions cutanées sont très fréquentes chez le résident âgé : kératoses séborrhéiques (bénignes), kératoses actiniques (précancéreuses), carcinomes basocellulaires et épidermoïdes, plus rarement mélanome. En CHSLD, la question n’est pas seulement « est-ce un cancer ? » mais « ce cancer causera-t-il des symptômes durant la vie du résident ? ». Le traitement se décide selon l’espérance de vie, les symptômes et les souhaits.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Lésion qui grossit vite, saigne, s’ulcère ou fait mal ; nodule croûteux du visage, de l’oreille ou de la lèvre : carcinome épidermoïde possible.
  • Lésion pigmentée asymétrique, aux bords irréguliers, de couleurs multiples, qui change : mélanome possible.
  • Ulcère chronique qui ne guérit pas malgré des soins adéquats (jambe, cicatrice ancienne).
  • Lésion près de l’œil, du nez ou de l’oreille qui progresse : risque de destruction locale.

✅ À faire maintenant

  • Décrire la lésion (siège, taille, couleur, ulcération) et la photographier selon la politique de l’établissement, pour suivre l’évolution.
  • Demander à l’équipe depuis quand elle est présente et si elle saigne, gratte ou gêne les soins.
  • Revoir le niveau de soins et ce que le résident ou son représentant souhaite.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BBiopsie ou dermatologie (télédermatologie si disponible) pour une lésion suspecte ; traitement selon le type et la tolérance.
CTraiter si la lésion cause ou causera des symptômes (saignement, douleur, odeur, croissance près d’un organe) ; sinon, observer.
DPas de bilan ; pansement et soins de confort d’une lésion qui saigne ou suinte.

Sur place

  • Kératose séborrhéique : bénigne, « collée » sur la peau ; aucun traitement, sauf si elle s’irrite ou accroche (cryothérapie).
  • Kératose actinique : plaque rugueuse sur une zone exposée au soleil ; risque faible de transformation ; cryothérapie ou traitement topique si elle est symptomatique, épaisse ou douloureuse (voir la fiche Cryothérapie à l’azote liquide).
  • Carcinome basocellulaire : croissance lente, rarement grave ; chez le résident à espérance de vie limitée, l’observation est souvent raisonnable.
  • Carcinome épidermoïde : peut croître plus vite et devenir douloureux ou hémorragique ; traitement local à discuter s’il est symptomatique ou à risque élevé.
  • Mélanome soupçonné : biopsie ou consultation selon le niveau de soins.
  • Options peu lourdes : cryothérapie, crème topique, curetage, petite excision sur place, radiothérapie palliative pour une tumeur volumineuse. Voir la fiche Cancers cutanés.

Famille et suivi

  • Expliquer qu’un cancer de la peau non mélanome est rarement la cause du décès chez la personne âgée frêle, et que le traitement a ses propres complications.
  • Décider ensemble : traiter, observer ou soins de confort ; noter la décision au dossier.
  • Suivre l’évolution sur photo aux visites périodiques.

Pièges et perles

  • Dans une cohorte traitée pour un cancer cutané non mélanome, près de la moitié des patients à espérance de vie limitée sont décédés en 5 ans, d’autres causes ; environ 1 patient sur 5 a rapporté une complication du traitement (Linos, 2013).
  • Une lésion qui saigne sous anticoagulant n’est pas forcément maligne, mais mérite un examen.
  • Les grattages répétés d’un résident avec TNC peuvent simuler une lésion ulcérée.

Références

  • Linos E, et al. Treatment of nonfatal conditions at the end of life: nonmelanoma skin cancer. JAMA Intern Med 2013;173(11):1006-12.
  • de Berker D, et al. British Association of Dermatologists' guidelines for the care of patients with actinic keratosis 2017. Br J Dermatol 2017;176(1):20-43.
  • NICE NG12. Suspected cancer: recognition and referral (2015, mis à jour) : lésions cutanées.

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