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CHSLD et soins palliatifs › Peau et plaies

Déchirures cutanées

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En bref : La déchirure cutanée survient sur une peau âgée et fragile, lors d’un transfert, d’une chute ou d’un choc contre le fauteuil. Le principe est simple : remettre le lambeau en place s’il est viable et le protéger. Pas de suture, d’agrafe ni de bande de rapprochement adhésive. Elle guérit en général en 2 à 3 semaines. C’est aussi un accident à déclarer et un signal pour revoir la prévention.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Saignement qui ne cède pas à une pression de 5 à 10 minutes, surtout sous anticoagulant.
  • Plaie profonde, pleine épaisseur, tendon ou os exposé, nécrose.
  • Membre mal vascularisé (pouls absents, pâleur, froideur) : la guérison est compromise.
  • Chute associée : chercher une fracture ou un trauma crânien (voir Chute).

✅ À faire maintenant

  • Contrôler le saignement par pression ; soulager la douleur.
  • Nettoyer à l’eau ou au NaCl 0,9 % à jet doux ; assécher en tamponnant.
  • Classer la déchirure (ISTAP) : type 1 sans perte de lambeau, type 2 perte partielle, type 3 perte totale.
  • Repositionner le lambeau viable (doigt ganté ou coton humide) ; ne pas le débrider.
  • Vérifier le statut antitétanique ; vaccin au besoin selon le PIQ, le plus tôt possible.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BSoins sur place. Consultation spécialisée si la plaie est étendue, profonde, avec structure exposée, ou si le lambeau instable demande une fixation.
CSoins sur place ; consultation seulement si la plaie dépasse ce qui peut être fait au CHSLD et que le confort le justifie.
DConfort : pansement atraumatique, peu de changements, analgésie avant les soins.

Sur place

  • Pansement : non adhérent, semi-occlusif, idéalement en silicone sans bordure adhésive ; choisi selon l’exsudat (INESSS, 2023).
  • À éviter : sutures, agrafes, bandes de rapprochement, hydrocolloïdes et pellicules transparentes, qui arrachent la peau au retrait.
  • Flèche sur le pansement pour indiquer le sens de retrait, afin de ne pas soulever le lambeau.
  • Changement seulement si le pansement est décollé ou souillé ; réévaluer au moins chaque semaine.
  • Infection (rougeur qui s’étend, pus, douleur accrue) : voir Cellulite, plaie infectée, site de gastrostomie.
  • Consulter si la plaie ne cicatrise pas après 3 à 4 semaines.

Prévenir

  • Émollient à pH équilibré chaque jour ; bains espacés, à l’eau tiède.
  • Techniques de transfert sécuritaires ; rembourrer les ridelles, accoudoirs et repose-pieds ; manches longues ou protège-bras.
  • Ongles courts (résident et personnel) ; pas de ruban adhésif directement sur la peau.
  • Revoir l’hydratation, la nutrition et les médicaments qui fragilisent la peau (corticostéroïdes au long cours).

Famille, déclaration et suivi

  • Déclarer l’accident sur le formulaire AH-223 ; divulgation au résident ou au représentant s’il y a des conséquences.
  • Expliquer la fragilité de la peau et le plan de prévention.

Pièges et perles

  • Un lambeau sombre n’est pas forcément mort : le remettre en place et réévaluer.
  • Des déchirures répétées : revoir les transferts, l’équipement et chercher une maltraitance si le contexte le suggère.
  • Sous anticoagulant, un hématome sous le lambeau peut nuire à sa survie : l’évacuer doucement au nettoyage.

Références

  • INESSS. Soins de plaies – Outil d’aide à la décision : Déchirure cutanée (mai 2023).
  • LeBlanc K, et al. Best practice recommendations for the prevention and management of skin tears in aged skin. Wounds International 2018.
  • Formulaire AH-223 (déclaration d’incident ou d’accident), MSSS.

Pour aller plus loin