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CHSLD et soins palliatifs › Éthique, légal et communication

Communication avec l’infirmière à la garde (SBAR)

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En bref : À la garde en CHSLD, le médecin voit rarement le résident : l’évaluation de l’infirmière est ses yeux. La structure SBAR (Situation, Background ou contexte, Assessment ou évaluation, Recommandation) rend l’appel court, complet et sûr. Le médecin y ajoute trois réflexes : vérifier le niveau de soins, relire les ordonnances données au téléphone et fixer quand rappeler. Un appel bien structuré évite des transferts inutiles et des oublis dangereux.

🩺 Au chevet

📋 Ce que l’appel doit contenir

  • S – Situation : nom du résident, unité, problème en une phrase, depuis quand, gravité perçue.
  • B – Contexte : niveau de soins et RCR (AH-744), diagnostics principaux, état de base (cognition, mobilité, alimentation), médicaments récents ou modifiés, anticoagulant, allergies.
  • A – Évaluation : signes vitaux complets avec la valeur habituelle, SpO₂, glycémie capillaire, état de conscience comparé à la base, douleur, examen ciblé (poumons, abdomen, globe vésical, peau, chute).
  • R – Recommandation : ce que l’infirmière demande (visite, ordonnance, transfert, aviser la famille) et ce qu’elle a déjà fait.

✅ À faire maintenant (médecin)

  • Écouter jusqu’au bout, puis poser les questions manquantes ; demander : « Qu’est-ce qui vous inquiète ? ».
  • Décider : conseils, ordonnance, visite, transfert ou rencontre avec la famille, selon le niveau de soins.
  • Relire ou faire relire chaque ordonnance verbale (médicament, dose, voie, fréquence, durée).
  • Fixer les critères de rappel et le moment de la réévaluation.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BDemander d’emblée les éléments qui décideraient d’un transfert (instabilité, déficit neurologique, trauma sous anticoagulant) ; préciser les limites du niveau B.
CChercher avec l’infirmière ce qui peut être fait sur place : voie PO, SC ou IM, hypodermoclyse, oxygène, analgésie ; préciser quand un transfert pour confort serait indiqué.
DOrienter vers les ordonnances de confort ; s’assurer qu’elles sont en place et suffisantes, et que la famille est avisée.

Pas de niveau de soins au dossier : le noter comme problème et joindre le représentant dès que possible.

Ordonnances au téléphone

  • L’ordonnance verbale se donne à un professionnel habilité, avec le nom et le numéro de permis du médecin ; elle est consignée au dossier (Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin).
  • Boucle fermée : l’infirmière répète l’ordonnance ; le médecin confirme. Épeler les noms qui se ressemblent ; dire les doses en chiffres un à un (« un-cinq milligrammes »).
  • Éviter les ordonnances vagues (« au besoin » sans dose maximale, « surveiller ») : préciser quoi surveiller, à quelle fréquence et le seuil d’appel.
  • Signer ou valider les ordonnances verbales selon la politique de l’établissement.
  • Utiliser les ordonnances collectives et protocoles infirmiers en vigueur dans l’établissement : ils permettent d’agir sans attendre l’appel.

Après l’appel

  • Note de garde : heure, résumé SBAR reçu, conduite, ordonnances, critères de rappel (voir la page de garde Note de garde).
  • Qui avise la famille ou le représentant, et quand ; qui transmet au médecin traitant le jour ouvrable suivant.
  • Remercier l’équipe ; un appel jugé inutile se discute plus tard, pas pendant l’appel.

Pièges et perles

  • « Il n’est pas comme d’habitude » est un vrai signe chez un résident atteint de TNC : il faut demander en quoi.
  • Une TA « normale » peut être basse pour un résident hypertendu : demander la valeur habituelle.
  • Décider sans connaître le niveau de soins mène soit à un transfert non souhaité, soit à un sous-traitement.
  • Ne pas avoir fixé de critère de rappel laisse l’infirmière seule si la situation se dégrade.
  • Un ton sec décourage les appels suivants, y compris ceux qui seraient importants.

Références

  • Haig KM, Sutton S, Whittington J. SBAR: a shared mental model for improving communication between clinicians. Jt Comm J Qual Patient Saf 2006;32(3):167-75.
  • Ouslander JG, et al. Interventions to reduce hospitalizations from nursing homes: evaluation of the INTERACT II collaborative quality improvement project. J Am Geriatr Soc 2011;59(4):745-53.
  • Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin (RLRQ, c. M-9, r. 25.1), art. 20 et 21 (ordonnances verbales).
  • Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Le champ d’exercice et les activités réservées des infirmières et infirmiers, 3e éd. (2016).

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