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CHSLD et soins palliatifs › Infections

C. difficile

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En bref : En CHSLD, le C. difficile suit souvent un antibiotique récent, et les IPP augmentent le risque. On teste seulement une vraie diarrhée sans autre cause, pas les selles formées ni les porteurs. Le résident est placé en précautions de contact et tout le monde se lave les mains à l’eau et au savon. Le traitement se donne par la bouche, sur place, selon le niveau de soins.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Forme sévère (INESSS, 2025) : fièvre > 38,5 °C, leucocytes ≥ 15 × 10⁹/L, créatinine > 50 % au-dessus de la base, difficulté à maintenir l’hydratation.
  • Forme compliquée : hypotension, iléus (la diarrhée peut diminuer), distension abdominale, mégacôlon toxique, péritonite.
  • Déshydratation, hypokaliémie, délirium.

✅ À faire maintenant

  • Tester si ≥ 3 selles liquides ou semi-liquides de plus que d’habitude en 24 h, qui persistent plus de 24 h, sans autre cause (INSPQ, 2018).
  • Précautions de contact dès la suspicion, sans attendre le résultat ; hygiène des mains à l’eau et au savon.
  • Cesser les laxatifs ; revoir l’antibiotique en cours et l’IPP ; éviter les antipéristaltiques.
  • Signes vitaux, hydratation ; selon le niveau de soins : FSC, créatinine, électrolytes.

💊 Premières ordonnances

  • Premier épisode (INESSS, 2025) : fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j (1er choix), ou vancomycine 125 mg PO QID × 10 j (2e choix). Choix selon le contexte et le formulaire de l’établissement ; récidive et formes graves : voir la fiche Infection à Clostridioides difficile.
  • Hydratation PO ou hypodermoclyse.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si forme compliquée (iléus, mégacôlon, choc) ou impossibilité de prendre PO.
CTraitement PO sur place (vancomycine possible par sonde d’alimentation), hydratation SC, surveillance clinique quotidienne.
DConfort, soins de la peau et contrôle des selles. Un traitement PO peut quand même soulager la diarrhée ; en discuter.

Sur place

  • Précautions de contact (blouse et gants) pendant les symptômes et jusqu’à 72 h après le retour à des selles normales, ou plus selon l’équipe PCI (INSPQ, 2018).
  • Le résident reste dans sa chambre ; matériel dédié ou désinfecté avec un produit sporicide ; nettoyage terminal sporicide à la fin.
  • Ne pas poursuivre le traitement au-delà de 10 jours si la réponse est bonne.
  • Protéger la peau du siège : nettoyage doux et produit barrière (voir Prurit, intertrigo, dermatite d’incontinence).
  • Plusieurs cas sur une unité : aviser l’équipe PCI (éclosion possible).

Prévenir

  • Éviter les antibiotiques inutiles : bactériurie asymptomatique, plaie colonisée, toux virale.
  • Déprescrire les IPP sans indication persistante.
  • Probiotiques : non recommandés pour le traitement ni pour la prévention (INESSS, 2025).

Pièges et perles

  • Pas de test de contrôle après le traitement : le test peut rester positif chez un résident guéri.
  • Pas de test chez le résident sans diarrhée, ni chez un contact.
  • Une diarrhée de débordement autour d’un fécalome n’est pas une infection : faire un toucher rectal.
  • Les solutions hydroalcooliques ne détruisent pas les spores.

Références

  • INESSS. Guide d’usage optimal : Traitement de la diarrhée ou de la colite associée à Clostridioides difficile (mars 2025). https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Traitement/Guide_Cdifficile_FINAL.pdf
  • INSPQ (CINQ). Mesures de prévention et de contrôle du Clostridium difficile dans les milieux d’hébergement et de soins de longue durée (2018).
  • Johnson S, et al. Clinical practice guideline by IDSA and SHEA: 2021 focused update on management of Clostridioides difficile infection in adults. Clin Infect Dis 2021;73(5):e1029-44.

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