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CHSLD et soins palliatifs › Soins palliatifs et fin de vie

Aide médicale à mourir

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En bref : Tout établissement, y compris le CHSLD, doit offrir les soins de fin de vie, dont l’aide médicale à mourir (AMM). En CHSLD, deux voies se présentent : la demande contemporaine d’un résident apte, et, depuis le 30 octobre 2024, la demande anticipée faite par une personne apte atteinte d’une maladie grave et incurable menant à l’inaptitude (p. ex. un TNC). Le médecin qui reçoit une demande doit y donner suite, même s’il n’administre pas l’AMM lui-même.

🩺 Au chevet

📋 Demande contemporaine : conditions

  • Personne majeure, assurée au Québec, apte à consentir aux soins.
  • Maladie grave et incurable à un stade avancé, sans amélioration possible, ou déficience physique grave entraînant des incapacités importantes et durables.
  • Souffrances physiques ou psychiques persistantes et insupportables, qui ne peuvent être apaisées dans des conditions qu’elle juge tolérables.
  • Un trouble mental autre qu’un trouble neurocognitif ne peut fonder la demande.

✅ À faire quand un résident en parle

  • Accueillir la demande sans jugement ; explorer la souffrance et ce qui pourrait la soulager.
  • Vérifier l’aptitude pour cette décision (voir « Aptitude et consentement substitué »).
  • Faire signer le formulaire de demande de l’établissement en présence d’un professionnel de la santé ou des services sociaux.
  • Aviser le groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) de l’établissement.
  • Si vous ne pouvez pas y donner suite (objection de conscience ou autre), aviser sans délai la personne désignée par l’établissement et lui transmettre le formulaire.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BLe niveau de soins n’empêche pas une demande d’AMM ; il est souvent revu pendant le processus, selon les souhaits du résident.
CPoursuivre les soins de confort et les traitements choisis pendant l’évaluation.
DLe confort reste la priorité ; l’AMM n’est jamais une condition des soins palliatifs, ni l’inverse.

Déroulement

  • Deux évaluations indépendantes par un médecin ou une IPS ; s’assurer que la demande est répétée dans le temps, libre et éclairée, et que la personne a pu en parler à ses proches.
  • Mort naturelle non raisonnablement prévisible : au moins 90 jours entre le début de l’évaluation et l’administration (sauf perte imminente d’aptitude), et avis d’un professionnel ayant l’expertise de la condition si aucun évaluateur ne l’a.
  • Consentement reconfirmé juste avant l’administration ; une renonciation écrite au consentement final est possible dans certaines conditions si la mort est prévisible.
  • Demande anticipée : faite avec l’aide d’un médecin ou d’une IPS, par acte notarié ou sur le formulaire prescrit devant deux témoins, puis versée au registre (sans inscription, elle ne s’applique pas) ; elle décrit les manifestations cliniques qui déclencheront l’évaluation. Un tiers de confiance peut être désigné pour aviser l’équipe. Vérifier au registre et suivre la procédure du GIS.
  • Déclaration : le professionnel qui administre l’AMM avise la Commission sur les soins de fin de vie dans les 10 jours.
  • Protocole pharmacologique et détails : voir la fiche Aide médicale à mourir.

Famille et équipe

  • La décision appartient au résident apte ; on l’encourage, sans l’obliger, à en parler à ses proches.
  • Offrir du soutien aux proches, aux autres résidents de l’unité et au personnel, qui peut vivre l’événement difficilement.
  • Respecter l’objection de conscience des soignants tout en assurant la continuité des soins.

Pièges et perles

  • Le représentant d’un résident inapte ne peut pas demander l’AMM à sa place : seule une demande anticipée valide le permet.
  • Une demande d’AMM est aussi un signal de souffrance : revoir la douleur, la dépression, l’isolement.
  • Les règles évoluent (Loi québécoise et Code criminel ne sont pas toujours alignés) : vérifier la procédure à jour auprès du GIS.

Références

  • Loi concernant les soins de fin de vie (RLRQ, c. S-32.0001), notamment art. 7, 29.1 à 29.12 (demande anticipée et registre), 31 et 46 (avis à la Commission dans les 10 jours).
  • Gouvernement du Québec. Demandes anticipées d’aide médicale à mourir, en vigueur le 30 octobre 2024 (quebec.ca).
  • Éducaloi. L’aide médicale à mourir : règles générales (capsule mise à jour avril 2025).
  • Code criminel (L.R.C. 1985, ch. C-46), art. 241.1 à 241.4.

Pour aller plus loin