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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Agression entre résidents

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : Les gestes agressifs entre résidents (coups, poussées, gestes sexuels non consentis, cris, menaces) sont fréquents en CHSLD et presque toujours liés aux TNC. L’appel de garde a trois volets : la sécurité immédiate, l’évaluation de la victime (blessures, trauma crânien) et l’évaluation de l’agresseur (délirium, douleur, déclencheurs). L’événement se déclare et peut relever de la politique de lutte contre la maltraitance. La médication n’est pas la première réponse.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Victime : trauma crânien (surtout sous anticoagulant), chute, douleur à la hanche ou au poignet, baisse de l’état de conscience.
  • Agression sexuelle soupçonnée : gestes sexuels envers un résident qui ne peut consentir.
  • Agresseur : agitation nouvelle ou brutale (délirium), fièvre, douleur, rétention urinaire, fécalome, sevrage.
  • Danger persistant pour les autres résidents ou le personnel ; objet dangereux.

✅ À faire maintenant

  • Séparer les résidents, mettre la victime en sécurité ; appel à l’aide selon le code de l’établissement pour une personne violente.
  • Approche calme de l’agresseur, à distance ; réduire les stimuli ; ne pas confronter.
  • Victime : signes vitaux, examen des blessures (tête, hanches, poignets, peau) ; surveillance neurologique si coup à la tête, selon le protocole.
  • Agresseur : signes vitaux, glycémie, recherche de douleur, de globe, de fécalome et d’infection ; revoir les médicaments récents.
  • Vérifier le niveau de soins (AH-744) de la victime avant tout transfert.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BVictime : transfert pour TDM si trauma crânien sous anticoagulant ou signe neurologique ; transfert si fracture soupçonnée. Agresseur : transfert seulement si une cause médicale grave ne peut être traitée sur place.
CÉvaluer et traiter sur place (analgésie, radiographie mobile, traitement d’un délirium). Transfert si le confort l’exige.
DConfort et sécurité. Soulager la douleur et la détresse ; protéger les autres résidents.

Le niveau de soins de l’agresseur ne change pas l’obligation de protéger les autres résidents.

Prise en charge

  • Comprendre le geste : intrusion dans la chambre ou l’espace personnel, bruit, attente, soins d’hygiène, conflit pour un objet ou une place, hallucinations. L’équipe décrit le contexte (avant, pendant, après).
  • Environnement : changer de place à table, déplacer la chambre si besoin, surveillance accrue aux moments à risque, activités occupationnelles.
  • Cause médicale : traiter le délirium, la douleur, la constipation, la rétention ; voir les situations « Délirium » et « SCPD ».
  • Médicaments : pas d’antipsychotique en première intention ; seulement si danger important et persistant malgré les mesures, à faible dose et réévalué (voir « Antipsychotiques en démence »). Un médicament d’urgence se donne selon le protocole de l’établissement ; c’est une mesure de contrôle chimique qui suit les règles prévues.
  • Contention : dernier recours, en cas de danger imminent, selon le protocole (voir « Mesures de contrôle »).
  • Victime : soutien psychologique ; surveiller les signes de peur, de retrait ou de délirium les jours suivants.

Famille, déclaration et suivi

  • Aviser le représentant de la victime et celui de l’agresseur ; expliquer les faits sans jugement et les mesures prises, en respectant la confidentialité de chacun.
  • Déclarer l’événement sur le formulaire AH-223-1 ; divulgation au résident ou au représentant s’il y a des conséquences.
  • Maltraitance soupçonnée : suivre la politique de lutte contre la maltraitance de l’établissement. Le signalement est obligatoire pour un résident de CHSLD qu’on a un motif raisonnable de croire victime de maltraitance (Loi visant à lutter contre la maltraitance, art. 21). La loi ne traite pas expressément du geste d’un résident envers un autre (sa définition vise une relation où il devrait y avoir de la confiance) : suivre la politique de l’établissement et, dans le doute, signaler au commissaire aux plaintes ou consulter l’intervenant désigné.
  • Agression sexuelle ou blessure grave : aviser le gestionnaire ; la police peut être appelée selon la procédure. Préserver la victime et documenter les faits observés.
  • Rencontre interdisciplinaire rapide pour un plan d’intervention ; réévaluer après quelques jours.

Pièges et perles

  • Un premier geste agressif chez un résident jusque-là calme : délirium ou douleur jusqu’à preuve du contraire.
  • Les agressions surviennent souvent dans les aires communes, aux repas et en fin de journée : c’est là qu’il faut agir.
  • Augmenter la sédation peut causer des chutes et des fractures chez l’agresseur.
  • Un résident souvent victime peut lui-même avoir des comportements qui dérangent (errance dans les chambres) : les inclure dans le plan.

Références

  • Lachs MS, et al. The prevalence of resident-to-resident elder mistreatment in nursing homes. Ann Intern Med 2016;165(4):229-236.
  • Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, RLRQ c. L-6.3, art. 21 (signalement obligatoire).
  • Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choosing Wisely Canada — Long-Term Care (2025) : pas d’antipsychotique en première intention pour les SCPD.
  • MSSS. Cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle. Édition révisée, 2015 ; formulaire AH-223-1.

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